Un dividende est une distribution faite aux actionnaires d’une entreprise en fonction du nombre d’actions qu’ils détiennent. Les dividendes sont déclarés par le conseil d’administration, dont les décisions sont approuvées par l’assemblée générale des actionnaires. Aux USA toutefois, l’assemblée n’a pas à approuver cette décision.
Les dividendes sont un point stratégique de la gestion financière d’une société.

Forme
Les dividendes peuvent être de plusieurs formes. La plupart du temps, les dividendes sont payées de manière régulière, en cash. La périodicité de paiement peut être trimestrielle (comme aux USA), semestrielle (comme souvent en Europe ou au Japon), ou encore annuelle (généralement en Chine). La plupart des entreprises qui payent des dividendes vont tenter de maintenir ou d’accroître la valeur distribuée. En effet, lorsqu’une société distribue un dividende stable ou croissant sur une longue période, ceci sera accueilli favorablement par le marché, comme un signe de rentabilité récurrente et de bonne santé financière. Tout geste de réduction des dividendes est généralement très mal interprété. Voilà pourquoi la décision de commencer à payer des dividendes réguliers est cruciale à prendre. Les dividendes peuvent aussi être payés en cash de manière irrégulière. C’est ce qu’on appelle des dividendes spéciaux. Un dividende spécial est un extra qu’une société paye alors qu’elle n’a pas mis en place de distribution régulière de dividende, ou qu’elle souhaite payer un dividende supplémentaire pour souligner une année exceptionnellement bonne, sans prendre le risque de rendre ce bonus régulier et d’avoir à le réduire par la suite, donnant de ce fait un mauvais signal au marché. On trouve aussi les dividendes liquidatifs, qui sont distribués aux actionnaires lors de la liquidation d’une société, une fois que toutes les dettes ont été payées ou lorsque des actifs sont liquidés dans une entreprise (cession d’une branche). Les dividendes en actions sont payés sous la forme d’actions supplémentaires (non cash), généralement d’un autre de distribution autour de 5 % des actions déjà détenues (5 actions distribuées pour 100 déjà détenues par l’actionnaire). Enfin, les stock splits sont assimilés à des distributions et correspondent à une multiplication du nombre d’action sans incidence sur l’equity de la société (car le prix de l’action est divisé par le même taux, exemple : un stock split « two for one » sur un titre à 10 euros fera que les actionnaires détiendront 2 fois plus de titres, mais à 5 euros). Les actionnaires voient généralement ces stock-splits d’un bon œil, car en rendant l’action meilleur marché, on peut s’attendre à des hausses de prix futures. Les « reverse stock splits » sont aussi possibles et sont un accroissement du prix pour une réduction du nombre de titres.

Distribution
La distribution d’un dividende se fait en plusieurs étapes, avec un certain nombre de dates spécifiques :
– Date de déclaration : c’est la date à laquelle l’entreprise va communiquer sur la distribution à venir d’un dividende.
– Ex-dividend date : c’est la date limite, avant laquelle les investisseurs qui souhaitent recevoir le dividende et qui ne possèdent pas d’actions doivent en acheter.
– Holder of record date : généralement 2 jours ouvrés après l’ex-dividend date, cette date symbolise le moment où l’actionnaire est enregistré pour recevoir le dividende.
– Date de paiement : date du paiement effectif du dividende.

Sur une chronologie, on peut représenter ces dates de la manière suivante :

Les EPS
Les EPS (earnings per share) représentent la portion des profits d’une entreprise par rapport au nombre d’actions émises par elle. Ils sont un indicateur de la rentabilité de l’entreprise.

–  Calcul de l’EPS basique :

Les dividendes préférentiels sont les dividendes liés aux actions préférentielles (preferrence shares), qui sont des titres qui prévalent sur les actions classiques/ordinaires (dividendes payés en premier, constants).
Les EPS sont importants en analyse financière pour estimer la rentabilité d’une société, pour l’évaluer et ils sont également une composante de nombreux autres ratios comme le PE (price/earnings ratio).
Exemple 1 : une société a un RN de 1 million d’euros, 100,000 euros payés en dividendes préférentiels et 100,000 actions émises.

– EPS dilués (calcul classique) :

Exemple 2 : pour la même entreprise que pour l’exemple 1, avec 50,000 nouvelles actions à émettre, on a :

– EPS dilués (lorsque l’entreprise a des obligations convertibles :

Exemple 3 : Pour une société au RN de 1 million d’euros, 10,000 euros d’intérêts sur la dette, 100,000 euros de dividendes préférentiels, un nombre moyen d’actions sur l’année de 100,000 et 20,000 actions supplémentaires en cas de conversion des obligations, on a :

– EPS dilué (lorsque la société a des stock-options ou warrants) :

Exemple 4 : Pour une entreprise similaire à la société de l’exemple 1, qui détient 10,000 options pour un prix d’exercice de 8 euros, avec un prix de l’action à l’instant t de 10 euros, on a :

Les rachats d’actions
Un rachat d’action est une transaction par laquelle une société va racheter ses propres actions en utilisant la trésorerie détenue dans l’entreprise.
Un programme de rachat d’action par une entreprise peut être décidé pour l’une des raisons suivantes :
– Absorber un excès d’actions de la société dû à l’exercice de stocks options par les employés,
– Indiquer que la société considère que le prix de son action est sous-évalué et que les rachats vont servir à soutenir le prix,
– Mesures fiscales : quand les taxes sont plus importantes sur les dividendes que sur les bénéfices et les plus-values, il peut être avantageux de réduire le nombre d’actions,
– Permettre une plus grande flexibilité dans la distribution de cash aux actionnaires : en réduisant le nombre d’actions, la société économisera des dividendes dans le futur.

Calculs :
Nombre d’actions qui peuvent être rachetées =  
Nouveau prix après le rachat  =  

Une société, plutôt que d’utiliser sa trésorerie, peut également emprunter pour racheter ses propres actions mais dans ce cas ceci accroît son risque financier. Un rachat d’actions a une incidence à la fois sur le bilan et le compte de résultat.
Par exemple, si une société a à l’instant t 3,000,000 d’actions sur le marché, pour un prix de 50 euros l’action et qu’elle souhaite emprunter 5,000,000 d’euros pour racheter des actions à un coût après impôt de 6%, sachant que sont résultat net est de 12,000,000 d’euros et que son EPS est de 4 euros actuellement, on aura :
1 : 5,000,000/50 = 100,000 actions peuvent être rachetées
2 : Coût de l’emprunt=5,000,000*0.06 = 300,000 euros
3 : Nombre d’actions restant après le rachat : 3,000,000 – 100,000 = 2,900,000
4 : Nouvel EPS : (12,000,000-300,000)/2,900,000 = 4 .034 euros >>> grâce à l’opération, l’EPS a augmenté.

Les méthodes de rachat d’actions
Il existe 3 méthodes principales de rachat :
Racheter directement des actions sur le marché : c’est la méthode la plus simple et la plus répandue, dans laquelle la société va directement racheter ses propres actions sur le marché secondaire. C’est une méthode très flexible car l’entreprise peut ainsi procéder au rythme qui lui convient.
La négociation directe : la société peut choisir de négocier le prix de rachat pour un paquet d’action, directement avec un actionnaire majoritaire.
Tender offer et Dutch auction : ces méthodes permettent de fixer un prix (tender offer) ou de proposer une gamme de prix (dutch auction) auprès des actionnaires existants, pour un rachat à une date déterminée. Si la société est pressée d’effectuer son rachat, elle privilégiera ces méthodes.

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