En finance d’entreprise, on peut définir les amortissements et les dépréciations de la manière suivante :

Amortissement : « L’amortissement est la constatation comptable de la perte de valeur subie par un bien du fait de son utilisation ou de sa détention par l’entreprise. Il recouvre donc, de fait, deux phénomènes distincts : l’usure due à l’utilisation d’un bien (machines, agencements, carrières, véhicules, immeubles, etc.) et l’obsolescence, due au fait que les actifs de production utilisés par l’entreprise peuvent devenir désuets compte tenu de l’évolution technologique du secteur d’activité. »

Provisions pour dépréciations : « Elles constatent une dépréciation de la valeur du patrimoine liée à la dépréciation ou la perte prévisible d’un élément d’actif. »

Source : Vernimmen

Il est important de savoir que les amortissements ne représentent pas un appauvrissement de l’entreprise. Ils sont simplement un moyen comptable de tenir compte du vieillissement d’un actif durant sa vie en lissant son coût sur une période donnée. Les amortissements ne sont pas une charge payée (décaissée) par une société.

En comptabilité anglo-saxonne, les amortissements et les dépréciations sont exactement le même concept, à la différence près que le terme « amortissement » fait référence au processus d’allocation des coûts liés aux actifs immatériels, alors que le terme « provision » est utilisé pour les immobilisations corporelles et financières.

Les actifs ayant une durée de vie illimitée ne sont pas amortis.

Il existe plusieurs méthodes pour constater de manière comptable la perte de valeur d’un actif du fait de son utilisation ou bien d’une dépréciation de sa valeur intrinsèque. Les principales méthodes que l’on retrouve (à la fois en French GAAP qu’en US GAAP ou IFRS) sont celles-ci :

–          La méthode d’amortissement linéaire (straight-line method) : la méthode des amortissements linéaires est le plus simple et la plus usitée. C’est une méthode d’amortissement à annuité constante, c’est-à-dire que pour chaque dotation, c’est la même annuité qui s’appliquera, sous la forme d’un taux d’amortissement appliqué à la base amortissable (la base amortissable étant égale à la valeur d’origine mois la valeur résiduelle). Par exemple, pour calculer la dotation pour une année, il suffit d’appliquer la formule suivante :

Base amortissable x taux d’amortissement x (nombre de jours/360)

Chaque année, la valeur nette comptable va donc être diminuée (VNC = valeur d’origine – cumul des amortissements depuis l’origine).

Cette méthode d’amortissement fait donc en sorte que le coût de l’actif soit alloué en dotations durant toute la durée de vie utile de l’actif en question.

On peut aussi utiliser la formule suivante :

  • Amortissement = Coût de l’actif / vie utile (en année) >> le coût est donc toujours le même chaque année.

En prenant l’exemple d’un amortissement linéaire sur 5 ans pour un bien de 1000 euros avec une valeur résiduelle de 200 euros, on aura le tableau d’amortissement suivant (pour simplifier, l’amortissement commence au premier janvier, dans le cas où l’amortissement commence au cours d’une année il faut établir un prorata temporis) :

–          Les méthodes d’amortissement accélérées (accelerated methods) : les méthodes accélérées sont similaires à la méthode linéaire. Cependant, les taux appliqués seront plus élevés. Aussi, l’allocation des coûts sera donc beaucoup plus forte les premières années. Aussi appelées méthodes d’amortissement dégressives, elles permettent de constater des dépréciations plus fortes au cours des premières années de la durée de vie du bien et sont donc implicitement incitatives pour l’investissement.

Un taux d’amortissement sera appliqué sur la valeur de l’actif, année après année, ce qui produit de fortes dotations les premières années. Une fois que la valeur résiduelle atteinte – s’il y en a une – (qui peut être estimée à une valeur de revente), on cesse d’appliquer le taux et les dotations s’arrêtent.

Pour le même exemple que pour la méthode linéaire présentée plus haut, avec un taux d’amortissement non pas de 20% par an mais de 40% cette fois (méthode accélérée double), on a le tableau suivant :

Au lieu d’appliquer un pourcentage d’amortissement de 20% par an (100% / 5 = 20%), on applique un taux de 40% jusqu’à atteindre la valeur résiduelle. On voit donc que les amortissements sont beaucoup plus élevés les premières années par rapport à un amortissement linéaire classique.

–          La méthode des unités de production (units-of-production method) : cette méthode est moins répandue. Elle suppose une excellente comptabilité analytique. Pour cette méthode, l’allocation des coûts durant la période d’amortissement va correspondre à l’usage effectif de l’actif à chaque période.

Par exemple, si un actif de 1000 euros a une durée de vie de 5 ans, qu’on estime qu’il sera usé à 50% la première année, 20% la seconde et 10% les trois années restantes et que la valeur résiduelle est de 200 euros, on aura des dotations telles que les suivantes :

Calcul d’une annuité = (Valeur d’origine – Valeur résiduelle) x % annuel

Exemple pour l’annuité 1 : (1000 – 200) x 50% = 400

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