Cet article a pour but d’aborder une analyse de rentabilité de manière simple. On l’a vu, le compte de résultat est un état financier qui présente la performance, la rentabilité de l’entreprise durant une période écoulée, le plus souvent un exercice comptable d’un an (ex : 1er janvier – 31 décembre ou parfois 1er juillet – 30 juin). Le compte de résultat permet de chiffrer les produits reçus et les charges supportées par la société et ainsi de calculer le profit grâce à l’équation de base qui est : PRODUITS – CHARGES = Résultat Net.

Les produits sont grossièrement constitués par les sommes facturées pour la livraison des produits et/ou services par l’entreprise. Les charges constituent un « appauvrissement », c’est-à-dire une diminution de la richesse générée grâce aux revenus, pour payer les matières premières, les fournisseurs, etc. Il faut noter que selon les normes comptables (US GAAP, French GAAP, IFRS), les produits ne sont pas reconnus de la même façon.

Les charges sont généralement regroupées par fonctions, par exemple les achats de matières premières, les charges externes (tout ce qui est payé à différent fournisseurs pour faire fonctionner l’entreprise, ex : l’électricité), ou encore les charges de personnel. Comme pour les revenus, la reconnaissance et la comptabilisation de certaines charges peuvent différer selon la norme comptable en vigueur.

Attention : il ne faut pas confondre un produit ou une charge avec un flux de trésorerie. Les produits et les charges sont des éléments de comptabilisation mais ne sont pas des cash-flows. En effet, certaines charges ne sont pas « décaissables », c’est-à-dire ne sont pas un flux de trésorerie négatif (ex : une dotation aux amortissements n’est pas « payée ») et certains produits ne sont pas « encaissables », donc pas un flux de trésorerie positif. Ainsi, le résultat net n’est pas le cash flow créé par l’activité de l’entreprise durant un exercice. Pour trouver le cash flow ou la CAF (capacité d’autofinancement), un certain nombre de retraitements sont nécessaires (à voir dans l’article consacré à l’étude des cash flows).

Le résultat peut être un bénéfice (Produits > Charges) ou une perte (Charges > Produits). A noter qu’un élément intermédiaire de résultat est très important. Il s’agit du résultat opérationnel, qui consiste à la somme des produits directement reliés à l’activité de l’entreprise (à son métier), moins la somme des charges. Dans le résultat opérationnel, on exclut donc tous les éléments financiers et exceptionnels, pour seulement se concentrer sur les éléments opérationnels.

Ci-dessous, voici une présentation simplifiée des différents agrégats que l’on retrouve dans un compte de résultat et de la manière dont ils se calculent.

Le Common-size

Comme pour le bilan, le compte de résultat peut s’analyser grâce à un « common size », c’est-à-dire un état financier construit à partir du compte de résultat à la différence près que les grands agrégats sont exprimés en pourcentages par rapport au chiffre d’affaires (100 %). Les common-size facilitent les comparaisons temporelles (évolution des agrégats dans le temps, comparaison entre plusieurs périodes) et sectorielles (analyse de la rentabilité d’une société à l’autre à une même période). De plus, cette technique permet aussi de mettre en relief les différences entre les stratégies des entreprises étudiées (en comparant l’importance de charges telles que les frais de développement, on peut voir quelle est l’importance de la recherche technologique entre plusieurs sociétés, tandis que des frais de marketing et de communication plus forts induiront une stratégie de recherche d’une plus grande notoriété). Une société peut aussi vendre à bas coût et faire moins de profit qu’une autre mais ne pas dépenser un centime dans des frais de recherche/développement, par exemple dans une industrie faiblement capitalistique et mature. Pour s’aider, il est aussi très utile de comparer la stratégie et la performance d’une société avec les données de son secteur. L’important est d’essayer de comprendre comment la stratégie se traduit dans la rentabilité de l’entreprise et quelle pourront être les répercussions à venir, suite à cette stratégie, en termes financiers.

 

Les soldes intermédiaires de gestion

Pour mener une analyse sur des états financiers français, il est nécessaire de connaître et d’utiliser les soldes intermédiaires de gestion (SIG). Ce sont des soldes obtenus par la différence entre certains produits et certaines charges et qui simplifient le travail d’analyse grâce à leur classification. Dans l’ordre, on a :

  • La marge commerciale : Vente de marchandises – coût d’achat des marchandises vendues. Se calcule pour les entreprises commerciales.
  • La production de l’exercice : Production vendue (= CA HT) + variation des stocks de produits + production immobilisée. Se calcule pour les entreprises industrielles.
  • La Valeur Ajoutée : Marge commerciale + production de l’exercice – consommation en provenance des tiers (charges externes, autres achats…). La VA correspond grosso modo à la richesse créée par l’entreprise, au cours de l’exercice, par son activité.
  • L’Excédent Brut d’Exploitation : Valeur ajoutée + subventions d’exploitation – impôts et taxes – charges de personnel. L’EBE est un bon indicateur de performance, car il représente la richesse créée par l’exploitation seule et qui reste dans l’entreprise après les taxes et les principales charges payées.
  • Le résultat d’exploitation : EBE + reprises sur amortissements et provisions d’exploitation + transferts de charges d’exploitation + autres produits d’exploitation – dotations aux amortissements et provisions d’exploitation – autres charges. Le Rex est le résultat tiré de l’exploitation courante de l’entreprise. Il tient compte de produits non encaissés et de charges non décaissées, il est donc plus « artificiel », plus « comptable » que l’EBE qui est un meilleur indicateur de performance.
  • Résultat courant avant impôt : Résultat d’exploitation + produits financiers + reprises sur provisions financières + transferts de charges financières – charges financières – dotation aux provisions financières. Le RCAI est le résultat des opérations ordinaires d’exploitation et de financement de l’entreprise. Il est donc global et ne tient pas compte des opérations exceptionnelles.
  • Le résultat net : RCAI +/- résultat financier – participation des salariés – impôt sur les bénéfices. C’est le bénéfice ou la perte de l’exercice, en comptant l’ensemble des produits et des charges. Il apparaît en bas du compte de résultat ainsi qu’au passif du bilan pour l’exercice écoulé.

 

Ratios du compte de résultat

Les ratios du compte de résultat sont simples à calculer. Il peut y en avoir des dizaines et c’est à chacun de choisir, en fonction des habitudes ou des nécessités d’un secteur, quels sont les ratios à utiliser.

On trouve le plus souvent :

  • La marge brute (gross profit margin) : marge commerciale brute / chiffre d’affaires
  • La rentabilité nette (net profit margin) : résultat net / chiffre d’affaires
  • Le ratio de valeur ajoutée : valeur ajoutée / chiffre d’affaires
  • La rentabilité brute d’exploitation : Excédent Brut d’exploitation / chiffre d’affaires
  • Le ratio de jours de rotation des stocks : (stock final de marchandises / achats de marchandises) x 360
  • Variante avec les stocks de matières premières : (stock final de matières / achats de matières premières) x 360
  • Variante avec les produits finis : (stock final de produits finis / achats de produits finis) x 360
  • Crédit moyen obtenu des fournisseurs : (Dettes fournisseurs / consommations en provenance des tiers) x 360
  • Crédit moyen accordé aux clients : (Créances clients / chiffre d’affaires) x 360
  • Ratio de rentabilité : CAF / chiffre d’affaires
  • Capacité de remboursement : Dettes financières long terme / CAF
  • Autofinancement des investissements : Autofinancement / investissements
  • Poids des charges financières : charges financières / chiffre d’affaires
  • Ratio de productivité : chiffre d’affaires / valeur ajoutée
  • Return on Equity : Résultat net / capitaux propres
  • Return on Assets : Résultat net / total de l’actif

 

Ci-dessous, des exemples de modèles qui peuvent être utilisés pour l’analyse du compte de résultat, en français ou en anglais (Income Statement). Pour des états financiers anglo-saxons, les règles diffèrent.

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