Il y a quelques mois, nous avions parié sur un rebond de la croissance et un début de sortie de crise au Royaume-Uni en raison de la politique menée par David Cameron que nous estimions adéquate. A l’occasion de notre note de recherche du 3e trimestre 2013, nous avions de plus formulé des anticipations de croissance plus fortes pour l’indice londonien Footsie 100 que pour ses pairs Français et Allemands. La statistique du PIB britannique pour le second trimestre semble nous donner raison, avec une croissance de +0.6%, majoritairement grâce à la hausse de la consommation des ménages et des entreprises (rappel : PIB = Consommation + Investissement + Dépense publique +  (Exportations – Importations).

Sur un an, l’économie britannique a progressé de +1.4%, après la croissance de +0.3% enregistrée au premier trimestre. Même s’il y a encore du travail, l’économie du pays se remet. Selon l’Office des Statistiques Nationales, les quatre secteurs d’activité (agriculture, production, construction, services) ont tous contribué à la croissance (respectivement pour +1.1%, +0.9% et +0.6% pour les services), soulignant un équilibre plus fort qu’auparavant.  La politique de David Cameron est donc confortée, (pour rappel : baisses de l’impôt sur les sociétés à 20%, alignement de la fiscalité dans le secteur immobilier, soutien aux investissements en infrastructures, coupes budgétaires et baisses de dépenses, budgets des ministères réduits de 1% pendant deux ans sauf l’éducation, l’aide au développement et la santé, hausse des salaires limitée dans la fonction publique jusqu’en 2016, légère augmentation de la taxe bancaire, régime fiscal avantageux pour l’exploitation du gaz de schiste, mandat révisé de la BoE et usage de la politique monétaire pour soutenir la croissance, exonération d’impôt sur le revenu jusqu’à 10,000 livres par an, diminution de la taxe sur la bière et abandon de la hausse des taxes sur l’essence). Le gouvernement a aussi su conserver une politique stable et austère malgré les très nombreuses critiques.  Au final, les résultats positifs sont là et ne nous étonnent pas, preuve que l’on peut diminuer les dépenses et relancer la consommation et l’investissement via la baisse des prélèvements sur les entreprises et les ménages.

Ce qui est plus étonnant, c’est la voie contraire privilégiée par la France, avec pour le moment les résultats que l’on sait.

Du côté de la Chine, la situation est très différente mais en raison de la contraction de la production manufacturière en juillet (la plus forte en 11 mois), le gouvernement a annoncé la suppression temporaire de la TVA pour les petites entreprises dont le chiffre d’affaires net est inférieur à 20,000 RMB (l’équivalent de 2,500 EUR environ). Ceci devrait profiter aux quelques 6.5 millions de petites sociétés qui sont les premières à être touchées par le ralentissement de la croissance chinoise (tout de même à +7.5% au second trimestre). Les règles douanières seront également assouplies afin de faciliter l’exportation pour ces sociétés. Enfin, une troisième mesure visant à créer des emplois est l’ouverture du marché des chantiers ferroviaires au privé pour tenir l’objectif de plus de 110 milliards de dollars d’investissement en 2013. 7.25 millions d’emplois ont été créés sur le premier semestre 2013, soit plus qu’en 2012 à la même période, tandis que le gouvernement a martelé que la croissance sera maintenue à au moins 7% de manière durable.

Libéralisation de pans entiers de l’économie, baisse des prélèvements, stimulation de l’investissement, garanties de stabilité faites aux entrepreneurs : une belle leçon pour la France au moment où le gouvernement s’apprête à céder, par exemple, au lobby des taxis qui refusent de voir une nouvelle activité (les voitures avec chauffeur sur réservation) leur faire concurrence. Quant au chômage, celui-ci continue d’augmenter et ne diminuera pas tant que la croissance ne se situera pas au-dessus de son niveau d’équilibre.

On n’est pas au bout du tunnel. Le bon courage !

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