Un monde qui change : Pétrole, Taux négatifs, Brexit, mouvements sur le Forex... état des lieux !

Un monde qui change : Pétrole, Taux négatifs, Brexit, mouvements sur le Forex… état des lieux !

Bienvenue dans notre point Marché habituel pour l’Evening Meeting de début Juin. En pre-Brexit, il est temps de faire une revue des marchés, classe d’actifs par classe d’actifs.

Côté Actions

Du côté des equities, les marchés ont évolué en ordre dispersé la semaine dernière, les Etats-Unis restant largement dans le vert avec des gains hebdomadaires entre 0.3% et 1.4% selon les indices, les Dow Jones notamment proche de son record à 18,000 points. En Europe, mis à part Londres et Francfort, la performance hebdomadaire est restée négative avec environ 1% perdu en termes de capitalisation boursière pour la plupart dans grands indices. Les principaux sujets du moment sont restés principalement la croissance et les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis, plutôt décevants, ainsi que les probabilités de nouvelle hausse des taux de la Fed.

Cette perspective a été écartée par les déclarations de Janet Yellen ce lundi, arguant que sans une vision plus claire de l’amélioration du marché du travail aux Etats-Unis, la hausse n’aura pas lieu en Juin ou Juillet comme anticipé précédemment. Ceci a eu un effet positif sur les actions dès lundi, avec le CAC par exemple qui est parvenu à regagner près de 1.4% au seuil des 4,500 points après cette annonce. Cependant les sondages prévoyant le Oui au Brexit rendent toujours les marchés nerveux et il est compliqué de se positionner avant le 23 Juin.

En Asie, Hong-Kong a gagné 2.5% sur la semaine écoulée mais le Nikkei, plombé par une inflation faible et l’appréciation du Yen face au Dollar, se retrouve en repli, de plus de 3% pendant la semaine écoulée.

Ci-dessous, l’évolution du CAC 40 sur les derniers jours :

CAC 40 Début Juin 2016 - Source: Yahoo Finance

CAC 40 Début Juin 2016 – Source: Yahoo Finance

Souverains

Le taux des Obligations Souveraines à 10 ans est en baisse un peu partout dans le monde. Aux Etats-Unis, les Treasury Bonds payent 1.75% seulement, contre près de 1.9% il y a une dizaine de jours. Les spreads sont en baisse également.

En Europe, les pays ‘core’ voient également leur rendement baisser, le premier d’entre eux étant l’Allemagne qui paye 0.04% sur son Bund 10 ans. Soit rien du tout, toutes les autres échéances étant négatives. Le pays pourra bientôt rejoindre la Suisse au palmarès des pays Européen à taux négatifs jusqu’aux échéances 10 ans sur leur dette. Une nouvelle manière de gagner de l’argent pour les Etats. Les autres pays solides, dont fait encore partie la France, voient donc aussi leur rendement baisser (sous les 0.5% pour la France), quand les pays dits ‘périphériques’ comme l’Espagne, l’Italie, le Portgual, sont stables ou en légère hausse (c’est le cas de l’Italie avec un taux proche de 1.5%, en légère hausse sur la dernière semaine). Les spreads sont par conséquents un peu plus tendus.

On a là un double phénomène : d’une part une fuite des investisseurs vers la qualité avec un biais positif sur les pays considérés comme les plus solides et donc une prime aux pays ‘core’ de la zone Euro par exemple ; d’autre part l’effet général des politiques très accomodantes des banques centrales ce qui a des effets négatifs sur les taux souverains quasiment tous pays confondus et donc des implications positives pour les acheteurs d’obligations souveraines.

Il n’est toujours pas à exclure que les taux négatifs se généralisent. Nous pouvons vivre actuellement une simple anomalie, mais aussi un nouveau paradigme avec des banques centrales coincées dans leur politique accomodante et naviguant à vue et des taux négatifs pour les Souverains les moins risqués, qui par conséquent ne seront pas enclins à se réformer. C’est cette situation que nous voyons comme la plus dangereuse à terme, du point de vue macroéconomique. Mais elle peut présenter des opportunités en termes de gestion de portefeuille pour les investisseurs positifs sur les obligations souveraines.

Ci-dessous, la situation actuelle sur les Souverains à 10 ans des principaux émetteurs de dette :

Rendements et Spreads de taux 10 ans ; comparaison France - Source: Boursorama

Rendements et Spreads de taux 10 ans ; comparaison France – Source: Boursorama

Obligations d’Entreprises

Du côté Bonds, la situation n’a pas énormément évolué ces dernières semaines. Les Obligations d’Entreprise ‘Investment Grade’, de haute qualité et notés au dessus de BBB par les agences de notation, continuent à faire face à une courbe des taux en baisse, avec en moyenne un rendement de 2.3% pour les indices mondiaux et de moins de 1% pour les indices composés d’obligations Européennes.

Du côté du ‘High Yield’, c’est à dire du Haut Rendement (soit les obligations de qualité inférieure), les rendements sont en légère baisse également autour de 6.8% pour les indices obligataires mondiaux et juste au-dessus de 4% en Europe. Les Spreads sont en légère baisse.

Du côté des secteurs, les financières sont toujours surveillées, mais également les Industrielles.

Enfin, la Banque Centrale Européenne va bientôt activer son programme de rachat d’obligations d’entreprises, à raison de 5 milliards d’euros par semaine dans un premier temps. L’effet sur l’économie est incertain, mais il est probable que ces mouvements induiront un biais négatif sur les rendements des obligations Investment Grade.

Spreads sur les Bonds High Yield en Europe - Source: BoAML - FRED

Spreads sur les Bonds High Yield en Europe – Source: BofA-ML – FRED

Matières premières

La star Pétrole continue à prendre de la hauteur, comme prévue, maintenant à la frontière des 52 Dollars pour le baril de Brent de la mer du Nord et sur les 51 Dollars pour le WTI du Texas. Les mouvements dépendent beaucoup des statistiques hebdomadaires de stocks de brut et d’essence, ainsi que des données de production avec le retour de l’Iran sur le marché et de la possibilité de cap de la production via un accord de l’OPEP, mais il n’en demeure pas moins qu’une tendance de fond positive existe depuis 4 mois.

Le pétrole Brent a progressé de plus de 62% depuis notre point de vue positif formulé début Février. Une donnée qui suffit à elle seule à indiquer la puissance de la tendance évoquée plus haut, depuis le début de l’année.

Aujourd’hui, le seuil des 50 dollars dépassé, il est difficile de réaliser des prévisions. Le sentiment que nous avons est que l’Arabie Saoudite est satisfaite d’un Baril entre 30 et 60 Dollars. Sous les 30, elle a sifflé la fin de la partie comme en fin Janvier dernier. Au-dessus des 60, les autres producteurs ne souffrent pas assez. Nous pensons que le potentiel pour aller dépasser les 55 existe bel et bien, mais il devient plus risqué de se positionner avec un levier. En horizon plus long-terme, les craintes ne sont bien-sûr pas les mêmes.

L'évolution du prix de baril de Brent sur 10 jours - Source: Financial Times

L’évolution du prix de baril de Brent sur 10 jours – Source: Financial Times

Du côté de l’or, le regain d’aversion au risque avait fait explosé le métal jaune sur les 1,300 dollars, avant de revenir bers les 1,200 plus récemment, pour maintenant revenir à l’attaque des 1,255 USD. Un trade moins intéressant que le pétrole bien entendu, mais il est utile de profiter de tout regain de volatilité grâce à l’effet valeur refuge de l’or. Une once à 1,250 continue d’être une opportunité, surtout dans un contexte de marché proche de l’impasse.

Sans s’attarder sur les autres commodities enfin, il est simplement intéressant de signaler qui sont les best performers depuis le début de l’année : l’énergie mise à part, il s’agit du Soja et du Sucre, enregistrant respectivement un gain de 31% et 21%. Du côté des baisses, le palladium perd 1% seulement depuis le début de l’année. 2016, en tous cas pour le premier semestre, est vraiment l’année des commodities !

Devises

Terminons notre revue avec un état des lieux des principales devises… qui ont évolué dans le bon sens ces derniers jours, si l’on s’en tient à la stricte théorie financière.

Nous entendons par là que les mouvements des devises ont bien illustré la théorie, comme ce que nous avions constaté en 2015 avec la dépréciation massive de l’euro face au dollar. Ces derniers jours, c’est donc l’euro qui s’est repris face au billet vert en sortant de son canal 1.10-1.12 et en allant chercher le seuil des 1.14. La raison ? Perspectives de croissance de l’économie Américaine moins importantes que prévu, maintien des taux directeurs de la Fed inchangés jusqu’à nouvel ordre, alors qu’une légère hausse était déjà pricée. Le résultat, c’est une appréciation de l’euro de plus de 2% face au dollar.

Du côté des autres paires, le Dollar – Yen (USD/JPY) continue sur sa lancée et le Yen s’apprécie légèrement en raison d’une inflation toujours faible au Japon et des perspectives de croissance qui restent moroses, pour changer. Le Dollar se déprécie donc de 2.35% face au Yen, potentiellement un handicap de plus pour l’économie Japonaise et un petit revers pour les Abenomics. Enfin, l’EUR/GBP, Euro contre la Livre Britannique, enregistre une petite appréciation de 75 points de base sur la semaine écoulée. Toujours les perspectives de Brexit qui pèsent sur la tendance, même si la livre résiste bien.

Devises - Niveaux et mouvements au 08 Juin 2016

Devises – Niveaux et mouvements au 08 Juin 2016 – Source: Bloomberg Markets

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Sources pour la rédaction de cet article: Bloomberg, the FT, Yahoo Finance, Boursorama, Investir, Bank of America Merrill Lynch, Federal Reserve of St. Louis

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