Le money management fait référence, en trading, à la gestion des risques et à la gestion des positions prises. Cet article a pour but de donner quelques conseils de trading, qu’il est d’usage de respecter afin de ne pas rapidement courir à la ruine.

Tout d’abord, avant de prendre une position, il faut veiller à avoir réalisé une analyse (fondamentale, technique, ou les deux) et ne pas agir à la légère. En effet, le trader doit maîtriser ses émotions et ne pas se laisser aller à la panique, à la précipitation ou au manque de rigueur. Il convient de passer du temps à étudier les marchés afin d’avoir le plus d’informations possibles et de pouvoir capitaliser sur cet aspect afin de maximiser les chances de profit. L’impulsivité et la précipitation sont aussi d’autres ennemies du trader, qui peut en être victime s’il prend trop vite une position de manière non mesurée ou s’il sort trop vite gagnant d’une position qui valait au final beaucoup plus. Il y a donc, lors de toute prise de position, à effectuer un travail analytique, tactique, et bien sûr veiller continuellement à gérer ses risques.

Pour faire simple, les points suivants vont regrouper différents conseils afin d’avoir le plus de chances possibles d’effectuer des positions profitables.

1 – Bien gérer ses risques (pertes possibles) : aucune méthode n’est infaillible et il ne sert à rien de se battre contre les marchés par entêtement. Il vaut mieux avoir un plan de trading clair et adapté à son profil. Les pertes possibles doivent donc être intégrées à ce plan global. De nombreux intervenants sur les marchés prennent des positions non rationnelles, impulsives, non mesurées. C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire.

La première chose à faire est de définir la taille de sa position. Une position ne se passe pas par hasard. Pour cela, il convient de calculer le risque de ruine de son portefeuille (exposition globale du portefeuille) puis de procéder au calcul de la taille optimale de la position à prendre.

–          EXPOSITION GLOBALE = Perte tolérée par titre x nombre de positions.

Ex : Si l’on possède un portefeuille de 10,000 EUR, avec une ligne moyenne de 1,000 EUR (soit donc 10 positions dans le portefeuille) et si l’on tolère une perte maximum de 100 EUR par titre (soit une perte de 10 % par titre), l’exposition globale est égale à 100 EUR x 10 = 1,000 EUR, soit 10% du portefeuille.

Les pertes peuvent être limitées par le trader à un niveau de 10% par position en plaçant des stops pour chaque position à un niveau de perte maximum de 10% (en fonction des supports et/ou résistances pour chaque position).

Cette notion d’exposition globale est très importante. Au-delà d’un certain niveau, le trader ne sera plus maître de ses émotions car la pression deviendra très forte. Le trader doit rester le maître de sa stratégie et doit donc veiller à contrôler son risque global en étant à tout moment capable de dire à quel niveau s’élèverait la perte si toutes ses positions étaient perdantes. Le niveau d’exposition globale sera donc personnalisé par rapport au trader, son assurance, sa stratégie et bien sûr son appétence au risque. Il convient cependant de veiller à ce qu’elle reste maîtrisée, bien que sans prise de risque, aucune réussite ne peut être envisagée sur les marchés…

–          TAILLE DE LA POSITION = elle peut être déterminée par le ratio suivant :

Donnons un exemple : si l’on possède un capital de 100,000 EUR et que l’on accepte une perte de 2% sur ce capital (par position), on aura un risque toléré de 2,000 EUR par position. Si on se positionne par exemple à l’achat sur une valeur à 30 EUR et que l’on pose un stop (pour limiter les pertes) à 27 EUR, alors on pourra acheter : 2,000 / 3 = 667 titres, au maximum étant donné la tolérance aux pertes.

La taille de la position dépend donc de chaque prise de position. Les stops sont généralement placés à un niveau de support (si position à l’achat) ou de résistance (si position à découvert) et représentent des niveaux pour lesquels les prévisions du trader ne sont plus valides. Il convient de laisser un seuil de sécurité lorsqu’on place un stop, car autrement (surtout pour un marché très volatile), le trader pourrait se faire sortir de sa position alors que le marché évolue favorablement mais avec une amplitude qui a atteint ou à peine dépassé son niveau de sécurité.

Exemple :

Si un trader pose un stop à 28 USD sur AT&T au lieu de 27.75 USD pour une position passée à environ 28.20 USD, il se fera sortir de sa position 3 jours plus tard et ratera le mouvement haussier.

Il faut bien faire attention au niveau d’exposition et à tout prix éviter la surexposition qui peut avoir des conséquences extrêmement graves, notamment lors de positions à effet de levier.

La formule de Kelly : il s’agit d’une formule clé en money management, utilisable pour déterminer la meilleure taille possible d’une position. Aussi appelée Kelly Criterion, cette formule a été développée en 1956.

Où K % = % du capital que l’on accepte de risquer sur une position,

W = probabilité de succès,

R = payoff ratio (historique).

La probabilité de succès et le payoff ratio peuvent être maximisés en appliquant la règle qui consiste à laisser courir ses profits et à couper ses pertes.

2 –  Entrer et sortir proprement. Comme pour l’entrée, qui doit être mesurée, logique, stratégique, le sortie doit se faire dans les règles de l’art. Sortir de manière trop précoce n’est pas bénéfique puisque des opportunités attractives peuvent être perdues. Ce n’est pas la bonne solution étant donné les risques inhérents aux activités de marchés, il est donc dommage de rater des opportunités rentables. Une règle importante consiste à « laisser courir ses bénéfices et à couper ses pertes ». On peut choisir de sortir progressivement d’une position, ou bien de sécuriser ses bénéfices par à-coups.

Exemple :

Ci-dessus, une position est prise au niveau du cercle bleu, avec un stop posé au dernier niveau de support (marqué par le cours et le RSI). La position peut être renforcée lorsque le RSI casse la zone de neutralité des 50% et que la hausse s’amorce (niveau du second trait bleu, avec un nouveau stop. Puis une prise de bénéfice avec un stop (3e ligne bleue) peut être initiée au moment où le cours va casser sa dernière résistance à environ 29 USD.

Enfin, une sortie trop tardive n’est également pas profitable. Si une partie des bénéfices n’est pas prise, le trader risque de perdre tous ses bénéfices latents en cas de retournement de marché, car il en voulait toujours plus. Il est préférable de faire preuve de patience et de ne pas se laisser aveugler par la cupidité. Dans le cas d’une position qui est perdante, une sortie trop tardive et/ou sans stop pourra aussi aggraver la perte subie.

3 – Gérer le risk-reward. Le risk-reward est l’équilibre entre le risque pris (la perte potentielle) et le potentiel de gain. Il ne faut entrer dans une position que si le potentiel de gain est supérieur à la perte possible, donc sélectionner les opportunités de trading offrant le potentiel le plus important pour le risque le plus faible. Ceci constitue la gageure d’identifier ces positions et d’agir au bon moment, mais une stratégie réussie se base sur cela. Le ratio de risk-reward devrait toujours être au moins supérieur à 2 ou 3 (c’est-à-dire un gain potentiel 3 fois plus grand que la perte maximale – qui peut être limitée par un stop).

4 – Bien gérer et respecter les stops. Comme on l’a vu plus haut, le risque peut être géré via des stops. Généralement, le stop correspond à un niveau de perte où il est sensé de sortir de la position afin de préserver son capital. Il ne faut surtout pas s’entêter lorsque le scénario envisagé ne se produit pas : « lorsque ton ennemi est plus fort, il est préférable de fuir » est une règle élémentaire de la survie, qui s’applique bien-sûr aussi ici.

Le stop initial, posé pour gérer au mieux le risque et limiter les pertes, ne doit pas être déplacé contre la position du cours (c’est-à-dire en le baissant dans le cas d’une baisse pour une position à l’achat, ou en l’augmentant dans le cas d’une hausse pour une position à découvert). Il faut donc placer son stop à une distance certes raisonnable, mais très mesurée en fonction de la perte maximale acceptée pour la position, à reporter dans l’exposition globale du portefeuille.

Les stops qui peuvent être déplacés sont appelés trailing stops (stops mobiles). Leur but est différent : il s’agit de protéger des bénéfices. Lorsque le cours a atteint un premier niveau satisfaisant, on peut par exemple prendre ses profits et également remonter un stop sous un nouveau support en accompagnant la hausse du titre (pour une position à l’achat et vice-versa pour une position à la vente). Ceci permet de sécuriser les profits latents sur une position et de limiter les pertes. Une position peut donc être décomposée en plusieurs stops et la position peut être renforcée si besoin, ou bien réduite en fin de cycle une fois que les objectifs sont atteints.

Exemple de trailing stops :

Une position est initiée en haut de la première vague car on estime que le titre va amplifier sa hausse. Un stop est placé au début de la première vague. Lorsque le cours trouve son support et rebondit à la hausse, la hausse est confirmée et la position peut être même renforcée. Enfin, un stop peut être placé sous le second support afin de préserver les bénéfices, une fois que le titre casse sa résistance (cercle vert).

5 – Diversifier.

Les activités de marché étant risquées, on ne peut qu’insister sur la nécessité de diversifier ses investissements afin de pouvoir au mieux protéger son capital investi. Si une position est trop importante par rapport aux autres, un évènement inattendu sur la valeur pourrait faire plonger les cours et provoquer une grave perte sur le portefeuille. Ces risques existent bien-sûr toujours lorsqu’on a des investissements diversifiés, mais leurs répercussions sont bien moins importantes. En plus de la nécessité d’avoir des positions équilibrées, il faut aussi veiller à diversifier de manière sectorielle afin d’éviter que les positions soient trop corrélées entre elles. Cela revient donc à limiter le risque.

Enfin, lorsqu’une position s’avère gagnant, il faut aussi faire preuve de jugement et parvenir à rester raisonnable, c’est-à-dire à ne pas augmenter son exposition de manière excessive.

Il peut être aussi très profitable de faire du pair trading, qui est une stratégie qui consiste à prendre une position simultanée et contraire sur deux valeurs (ex : si on considère que Total est sous-évalué alors que BP est surévalué, on pourra acheter Total et vendre BP. Le risque est limité car les positions sont inverses au sein d’un même secteur, dans lequel les valeurs ont généralement une évolution corrélée entre elles, mais si l’on prend cette position, c’est qu’on estime que le bénéfice est réel (donc que, dans le cas de la hausse de tout le secteur, Total augmente plus fortement que BP). Il faudra en outre que les positions prises soient comparables en termes d’exposition, sinon il y aura un risque de perte plus fort si la position perdante est plus puissante que la gagnante.

En conclusion, les trois éléments les plus importants :

–          Tolérer au maximum 2 % de perte du capital par position, sous peine de voir son capital fondre.

–          Ne retenir que les opportunités de trading offrant un couple rentabilité-risque supérieur à 2 ou 3 (objectif de gain 2 à 3 fois supérieur à la perte envisagée).

–          Protéger ses positions.

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