La notion de gap est une notion très importante en analyse technique. Un gap peut être défini par un espace de temps durant lequel aucun échange n’a eu lieu sur l’actif donné. Le gap, comme son nom l’indique, se matérialise par un « fossé », un écart qui va séparer le cours entre la clôture et l’ouverture, entre deux séances. Par exemple, un titre va clôturer à 10 euros et ouvrir ensuite à 12.

Un gap est peut être observé sur tous les types de graphes, diagrammes, bougies japonaises.

Exemples ci-dessous avec deux types de graphe, bougies japonaises et graphique classique :

Les gaps apparaissent le plus généralement à l’ouverture des marchés, lorsque l’écart s’est creusé entre ouverture et clôture, mais dans certains cas on peut aussi en trouver en pleine séance, dans ce cas-là causés par des nouvelles surprenantes. Tous les types de gaps sont des signes de forte émotion sur les marchés.

Les spécialistes de l’analyse technique dénombrent 4 grands types de gaps :

–          Le common gap : il est caractérisé par une variation minime de la cotation, on le retrouve lorsqu’aucune tendance claire n’existe. Il s’agit donc le plus souvent d’un faux signal qu’il conviendra d’ignorer ou, pour les plus courageux, de jouer en prenant une position à contre-pied.

–          Le gap de continuation (runaway gap) : il se rencontre au cœur d’une tendance, à la hausse ou à la baisse. Il permet d’anticiper un prolongement ou une accélération de la tendance. Le niveau du gap se transforme parfois en support ou en résistance, selon la tendance.

–          Le gap de rupture (breakaway gap) : il marque le début d’un nouveau mouvement, au contraire du gap de continuation. Les opérateurs vont donc se positionner dans le même sens afin de profiter du retournement de tendance.

–          L’exhaustion gap : il indique la fin d’un mouvement, qui va progresser encore pendant peu de temps, avant de s’épuiser définitivement.

 Récapitulons :

Se servir des gaps

Il faut savoir qu’il existe deux stratégies en matière de gaps : jouer dans le sens du gap, ou bien se positionner à contresens.

Souvent, les gaps finissent par se combler. Le tout est de savoir quand. Le fait que le gap se comble ou non va être crucial dans la stratégie et dans les perspectives de gains ou de pertes. Dans le cas d’un comblement rapide, il s’agit généralement d’un faux signal et il faut être vigilant à ce propos.

1/ Jouer dans le sens du gap :

Cette stratégie est souvent payante pour les gaps de ruptures. On assiste à un retournement fort d’une tendance, dans ce cas il est judicieux de se positionner dans le sens du gap afin de bénéficier de ce retournement de tendance. La puissance du retournement peut être évaluée par la taille du gap et les volumes concernés. Par ailleurs, si le gap intervient au cœur d’une figure d’analyse technique (par exemple avec une cassure de ligne de cou pour une Head & Shoulders), il est très probable que le gap identifié soit un gap de rupture. Face à ces opportunités plutôt rares, la meilleure stratégie à adopter est de jouer avec cette rupture et de prendre ses bénéfices dès que les signes montrent un nouveau retournement de tendance à court terme. Il est préférable de passer un ordre avec une limite. Par ailleurs, il faut savoir également que le niveau du gap représente souvent ensuite un support (dans le cas d’une tendance haussière) ou une résistance (dans le cas d’une tendance baissière).

Pour un gap de continuation, on peut également jouer le sens du gap, puisque celui-ci apparaît au cœur d’une tendance et laisse présager son prolongement. L’objectif de cours peut être évalué au report de la progression actuelle de la tendance jusqu’au gap, à partir du niveau donné par le gap de continuation.

2/ Jouer à contresens :

On peut choisir de jouer à contre sens du gap dans le cas d’un gap de fin de tendance (exhaustion gap). Dans cette configuration, la tendance s’épuise rapidement malgré le signal donné par le gap et l’espace est souvent vite comblé…ceci constituant un signal de retournement extrêmement fort.

Les common gap doivent être impérativement joués à contresens, puisqu’ils sont de faux signaux et se comblent très rapidement. On aurait tendance à croire qu’il faut se positionner dans le même sens, toutefois une stratégie très simple consiste à prendre au contraire le contre pied de ce type de gap, en étant vendeur dans un marché acheteur ou inversement, pour ensuite inverser cette position lors de l’effacement du gap et ainsi bénéficier d’un mispricing de courte durée.

Enfin, une figure très intéressante avec les gaps est le rounding. Elle se présente comme une tendance haussière présentant un gap, qui va stagner peu de temps après l’apparition du gap pour ensuite présenter un gap de rupture et précipiter le titre à la baisse.

Schématiquement, on peut représenter cette figure ainsi :

Conseil : comme pour les figures, jouer les gaps permet de limiter les risques puisqu’ils donnent une indication sur les tendances à venir à court terme. Mais également comme pour les figures, identifier un gap ne constitue pas une science exacte et il y a des faux signaux. Le mieux pour prendre des positions est de le faire avec un stop. Par exemple, pour un gap haussier, le temps d’identifier le type de gap et de vérifier s’il ne s’agit pas d’un common gap ou d’un signal faux, il convient de passer un ordre avec un stop en dessous du niveau du gap afin de se prémunir contre tout renversement de tendance. Pour un gap baissier, le stop sera au dessus du niveau du gap. Tout dépend ensuite de votre niveau d’aversion au risque. Certains préféreront risque davantage, d’autres préféreront rater une opportunité que de réaliser des pertes.

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