Les recos inondent les marchés...mais sont-elles utiles ? Credits: Marketwatch

Les recos inondent les marchés…mais sont-elles utiles ?
Credits: Marketwatch

Le rebond des prix du pétrole depuis le mois de février n’a échappé à aucun investisseur averti. D’un plus bas atteint fin Janvier aux alentours de 28 dollars, le baril de pétrole Brent de la mer du Nord s’est inscrit dans une nouvelle tendance haussière, en rupture d’un double canal baissier de près d’un an et demi (interrompu à l’été 2015 par une brève tendance ayant fait passer le prix du baril de 42 à 53 dollars), en reprenant tout d’abord les 35 dollars avant de revenir sur les 30 en support fin Février. Une seconde période haussière jusqu’à fin Mars a ensuite amené le baril sur les 42 dollars, pour ensuite retrouver le support des 38. Enfin, le Brent s’installe depuis un mois au dessus des 40, puis 42 et 44 dollars…jusqu’à atteindre un prix de 49 Dollars (et près de 48 dollars pour le baril WTI) le 16 Mai 2016, soit un plus haut jamais égalé depuis la fin Octobre 2015. 

Nous sommes aujourd’hui au seuil des 50 Dollars et le Brent consolide doucement sous le seuil des 49, après le plus haut atteignant même 49.4 USD. Ce qui est intéressant, c’est de noter quelles étaient les recommandations des banques et des analystes en début d’année et aujourd’hui. C’est très parlant et cela dénote ce que nous avions déjà évoqué précédemment, à savoir l’effet moutonnier impactant non seulement les investisseurs mais aussi (et surtout) les analystes et stratégistes. Surtout lorsqu’il s’agit de matières premières ou même de devises, dont les évolutions de prix sont par essence volatiles et difficiles à anticiper.

Et sur ce tableau, une déclaration a retenu notre intérêt. Lundi 16 Mai 2016, au milieu de brèves et de market news diverses, on a pu voir apparaitre un « Pour Goldman Sachs, il n’y a plus de surabondance d’offre de pétrole« . A y regarder de plus près, on notera : « Le baril de Brent rebondit ce lundi de 2,81% à 49,19 dollars alors que Goldman Sachs se dit favorable pour l’évolution des cours. Pour le broker américain, les deux années de surabondance de l’offre sont maintenant terminées. En mai, le marché du pétrole est même devenu déficitaire, en raison d’une poussée de la demande et d’une production en baisse ». Source: Les Echos – Investir

Intéressant. Pas de chance, nous avons toujours en mémoire des déclarations en date du début d’année faisant mention de toutes autres prévisions. Le monde aurait-il tant changé en 3 ou 4 mois ? Extraits choisis :

« Le prix du baril ne dépassera pas 50 dollars d’ici 2020 (Goldman Sachs) »

« La banque américaine n’écarte pas un plongeon à 20 dollars si les capacités mondiales de stockage sont atteintes »

Sources : Les Echos, 08/02/2016 en pleine déchéance des prix sur le baril de pétrole

« Goldman Sachs table sur un cours moyen du Brent à 39 dollars le baril en 2016 et à 60 dollars en 2017, contre 45 et 62 dollars auparavant. Vendredi, le baril de Brent s’échangeait à un peu moins de 41 dollars.

La banque a également abaissé ses prévisions des cours moyens du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) , de sept dollars à 38 dollars le baril pour 2016 et de deux dollars à 58 dollars le baril pour 2017. Le WTI se traitait à près de 39 dollars vendredi. »

Source : Investir, le 11/03/2016

On peut dire que cela collait au marché.

Le fabuleux travail de prévisionniste : en rouge le prix recommandé pour 2016, en vert celui pour 2017, tout en précisant que la ligne noire est le niveau de prix maximum jusqu’en 2020. Etoile noire : Prise de parole de Morning-Meeting le 03/02/2016 vers les 60 dollars. En avance sur son temps ! Credits: Investir & Morning-Meeting

Cela tombe aujourd’hui sur Goldman Sachs en raison du newsflow du 16 mai et de ce commentaire venant déjà contredire les précédents datant de février et mars, mais n’oublions pas qu’il y avait de pires prévisions d’autres banques ou analystes qui prédisaient très sérieusement un baril de brent à 20 dollars et un scénario central sous les 30 dollars. Des prévisions et des analyses très nombreuses et même ultra majoritaires allaient dans ce sens au moment de la chute des prix fin 2015 – tout début 2016. Parions que nous aurons bien d’autres surprises très amusantes en termes de prévisions et de retournements de veste dans les prochaines semaines !

En conclusion : la réputation que le marché soit composé d’acteurs grégaires n’est plus à faire et cette anecdote en est encore une nouvelle preuve. En revanche, il est crucial de rester raisonnable face aux exagérations du marché et des exagérations des analystes qui se positionnent, souvent un peu en retard et restent très conservateurs en collant à la situation du marché au jour le jour. Il était évident qu’un baril de pétrole à 25 dollars n’était pas tenable. C’est d’ailleurs très tôt, en Février, que Morning-Meeting est intervenu plusieurs fois pour partager sa vision positive sur le pétrole. Cette vision n’a pas changé au grè des retournements de situation. Après un marché massacré et des sur-réactions telles que celles que nous avions vues sur le pétrole pendant plusieurs mois, même sans revenir à un pétrole à 100 dollars, il était certain qu’un rattrapage aurait lieu à la fois dans l’esprit des investisseurs et au niveau des fondamentaux qui finissent toujours par connaitre un ajustement.

On terminera par cette citation que nous apprécions beaucoup et qui finit toujours par être juste : Brûle ce que tu as adoré, Adore ce que tu as Brûlé. On peut aussi dire que c’est souvent le mot d’ordre des marchés et pas que sur le pétrole…

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