En plus des actions, des obligations et des autres instruments financiers dits « traditionnels » qui composent un portefeuille, on rencontre maintenant de plus en plus de stratégies moins conventionnelles qui font appel à des investissements dits « alternatifs », c’est-à-dire des matières premières, des fonds, de l’immobilier. Cependant ces actifs présentent des contraintes, notamment en termes de liquidité, d’analyse et de praticité d’investissement. Ils présentent aussi de nombreux avantages, parmi lesquels des rendements souvent plus attractifs que les investissements traditionnels, ainsi qu’une plus grande diversification des portefeuilles qui font appel à ces actifs.

Le but de cet article est de présenter simplement et brièvement les possibles types d’investissements moins conventionnels.

Les grandes catégories d’investissements alternatifs sont :

–          Les ETF

–          L’immobilier

–          Le Private Equity

–          Les Hedge Funds

–          Les matières premières

LES ETF

Un ETF (pour Exchange Traded Fund) sont des instruments financiers négociables qui permettent de répliquer la performance d’un indice, que ce soit d’un portefeuille d’actions, un indice obligataire ou un panier de matières premières. On les appelle aussi les trackers.

Ces supports se développent depuis le début des années 1990. Aujourd’hui très répandus, ils ont le vent en poupe, représentent plus de 600 millions de dollars et il en existe des centaines.

Pour faire simple, l’ETF est généralement créé par un trust ou un fonds, lequel émet les instruments aux investisseurs désireux de bénéficier de cet investissement passif, qui réplique l’indice traqué.

Il existent des catégories bien spécifiques d’ETF, qui peuvent traquer : un secteur, un indice domestique, des indices étrangers, des obligations, des commodities ou encore qui ont un style d’investissement particulier (value/growth, value est un style qui va consister à investir dans des actifs actuellement sous valorisés par les marchés et qui sont très susceptibles d’être revalorisés (investissements durables), tandis que growth est un style qui se concentre sur les valeurs correctement valorisées mais qui devraient croitre fortement à l’avenir (horizon plus court-termiste)).

Les principaux avantages des ETF sont qu’ils nécessitent des frais de gestion peu élevés, qu’ils apportent une diversification simple, que leur gestion est minime et qu’ils demeurent assez liquides.

Cependant, certains ETF moins demandés peuvent être peu liquides, des ETF n’existent pas forcément pour tous les actifs désirés.

L’IMMOBILIER

Real Estate pour les anglo-saxons, les actifs immobiliers prennent leur place dans les stratégies d’investissement. Cela peut être un terrain constructible, des bureaux, des tours, des usines ou des entrepôts. Ce sont des actifs qui sont dits « immobilisés » ou « inamovibles ». Dès lors, il faut utiliser des subterfuges si on veut incorporer ceux-ci dans un portefeuille. Parmi ceux-ci, on peut citer :

–          L’achat direct de participations dans des fonds spécialisés dans la gestion immobilière,

–          Les mortgages : véhicule d’investissement qui collecte et condense des prêts particuliers, qui permet ainsi aux investisseurs de recevoir une rente régulière au fur et à mesure des échéances de remboursement,

–          Les « aggregation vehicles » : permettent, grâce à un grand nombre d’investisseurs, de donner un accès collectif à des investissements spécifiques, notamment des fonds.

Il existe aussi des indices très spécifiques.

Le Private Equity

Depuis les années 2000, les investissements basés sur le private equity (fonds de capital investissement, capital développement, capital transmission et capital risque) sont assez prisés et se développent vite. Le private equity concerne des actifs qui ne sont pas négociés sur les marchés financiers, comme par exemple des sociétés non cotées.

Le capital investissement est une activité où l’investisseur va entrer au capital de sociétés qui ont besoin de capitaux pour se développer.

Le capital développement est une sous-catégorie : cette activité consiste à financer des entreprises existant depuis plusieurs années afin de soutenir leur développement.

Le capital risque est tourné vers les premiers moments de la vie de la société, les investisseurs apportent des capitaux mais aussi leurs compétences et leurs réseaux afin de soutenir des sociétés à fort potentiels durant les premières étapes de leur croissance.

Le capital transmission (opérations de LBO, Leveraged Buy Out) consiste à racheter une société en finançant l’acquisition par un emprunt et en ayant ainsi recours à la dette bancaire et à un effet de levier qui va faciliter la défiscalisation du projet. L’emprunt sera à hauteur de la capacité d’autofinancement de la société et les remboursements se feront grâce au cash généré par l’activité.

Les investisseurs espèrent ensuite, lors de leur sortie, réaliser des bénéfices substantiels.

Il s’agit ici encore d’investissements alternatifs.

LES HEDGE FUNDS
Les hedge funds, aussi appelés fonds alternatifs, fonds spéculatifs ou fonds de couverture, sont un mode de gestion alternative. Le concept se base sur un rendement non pas relatif (par rapport au marché) mais absolu (on cherche à dégager le rendement le plus fort possible, contre le marché). Ces fonds font appel à des stratégies très variés, non conventionnelles et utilisent très couramment les ventes à découvert (short selling, c’est-à-dire la vente d’un actif non possédé qui est racheté ensuite à prix inférieur, constituant donc une spéculation à la baisse), les futures, des stratégies d’options élaborées et d’autres instruments financiers.

Leur structure légale est beaucoup plus souple que celle régissant les sociétés cotées, les entreprises d’investissement, les fonds de placement classiques et plus généralement les marchés règlementés. Les stratégies développées par les fonds sont :

–          Long/short : consiste à prendre des positions longues (achat) ou courtes (vente à découvert) sur les actifs désirés.

–          Market neutral : la stratégie est proche de long/short mais le fonds va se couvrir contre un mouvement de marché donné.

–          Global macros : les positions sont prises dans la direction d’un marché, d’une devise, d’un taux ou d’une matière première. On retrouve les fonds futures et les fonds emerging markets dans cette catégorie.

–          Event-driven : la stratégie est d’investir sur des actifs en fonction d’évènements particuliers ou d’opportunités de gestion. On retrouve ici les fonds spécialisés dans les « distressed securities » (investissement dans des dettes ou titres de sociétés éprouvant des difficultés financières afin de profiter des plus values futures liées aux réorganisations après ces investissements à bas coût, ou bien de vente à découvert des valeurs dont le fonds anticipe leur chute), ou l’arbitrage sur les opération de fusions acquisitions.

Le ticket d’entrée pour ce genre de fonds est généralement de l’ordre d’une centaine de milliers d’euros. C’est pourquoi ils sont réservés aux investisseurs institutionnels et aux grandes fortunes.

LES MATIERES PREMIERES

Les matières premières sont un actif qui était jugé non conventionnel il y a encore quelques années. Aujourd’hui plus courants, les portefeuilles possédant une position longue sur des commodities permettent souvent de réduire le risque de par la diversification que ces actifs apportent, mais aussi d’apporter une certaine protection contre l’inflation par rapport à un portefeuille traditionnel.

Les investisseurs, dans le rechercher constante de nouveaux rendements diversifiés, ont tendance aujourd’hui à introduire les commodities dans les portefeuilles, généralement indirectement via des produits dérivés dont les sous-jacents sont des matières premières.

S’exposer aux matières premières

Les stratégies qui reposent sur les commodities font nécessairement intervenir des produits dérivés (généralement des futures ou des forwards) qui sont indexés sur un certain type d’actifs. Si le prix du future est plus élevé que le prix actuel de l’actif, on parle de « Contango » : les investisseurs anticipent une hausse des prix à venir. Si le prix du future est au contraire inférieur au prix spot, dans ce cas on parle de « Backwardation » : les investisseurs anticipent une baisse du prix.

D’autres stratégies d’investissement reposent sur des ETF (Exchange Traded Funds).

Le consensus est aujourd’hui qu’avoir une exposition aux commodities est utile et améliore le profil des portefeuilles, aussi bien en termes de risques que de rendement. Cependant, il s’agit d’investissements qui requièrent un trading actif et généralement de l’arbitrage.

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