Hier soir, Nicolas Sarkozy s’est exprimé à propos de reproches qui lui été faits par le Financial Times. Le grand quotidien financier anglais défendait en effet en quelques sortes François Hollande à propos de son idée d’insérer un onglet sur la croissance dans le récent traité européen. Hollande serait en effet dans cette logique keynésienne d’investissement pour relancer la croissance et non seulement de rigueur pour contenir les déficits. Cette réflexion, qui est sensée, n’est pas forcément exacte car Sarkozy avait déjà défendue l’idée selon laquelle sans croissance, la gestion des déficits serait peine perdue et se traduirait par une dépression et un appauvrissement.

Hier soir donc, le président-candidat français a répondu au Financial Times de la manière suivante :  « Ils ne sont pas d’accord avec moi, ça me réjouit beaucoup figurez-vous, parce que je ne suis pas d’accord avec eux (…) Le ‘FT’, comme on dit dans les milieux informés, a toujours défendu le modèle anglo-saxon, considérant que les Français étaient incorrigibles et que nous ferions bien mieux de nous aligner sur le modèle anglo-saxon (…)  [il] nous explique qu’il faut faire exactement comme la Grande-Bretagne, qui est dans une situation économique bien pire que la France. Donc j’accepte bien volontiers qu’on nous donne des leçons, mais pas eux, et pas comme ça ! »

C’est peut être oublier un peu vite le côté atlantiste, anglo-saxon et libéral du candidat en 2007 (bien que de vrais libéraux, la France n’en connaisse pas vraiment et ce ne serait certainement pas Monsieur Hollande). Au crédit de Monsieur Sarkozy toutefois, il faut bien reconnaître que le côté un peu schizophrène des marchés (« il faut prôner la rigueur et réduire les déficits mais il faut favoriser la croissance »…) laisse peu de chance à des compliments lorsqu’on est aux affaires durant une telle crise. D’ailleurs, il faut bien rappeler à ceux qui l’ont trop vite oublié qu’un compliment ne veut pas dire que le FT aime F. Hollande.

Désolé pour le FT malgré tout le respect pour ce sacro saint papier, mais la solution ne sera probablement pas le programme de Monsieur Hollande (nous verrons si la France se fait corriger par les marchés en mai), mais plutôt une vraie gouvernance de l’Union Européenne et de la zone Euro en particulier, avec une intégration réelle des politiques budgétaires et fiscales, l’avènement d’euro-obligations, un pouvoir plus fort et direct de la BCE pour financer les états, une remise à plat des objectifs de long terme de l’Union et un réel pouvoir de décision politique. Bref, une union plus fédérale et plus forte. Rien que ça.

Sur un registre plus gai et réaliste, retrouvez la réponse du journal par ici (et que l’on n’hésite pas à lire les commentaires) :

http://ftalphaville.ft.com/blog/2012/04/12/960001/yeah-well-we-dont-like-you-either-sarko/

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