Pas si ésothérique : le calcul du PIB

Pas si ésothérique : le calcul du PIB

 Beaucoup de gens pensent que le PIB, la croissance, sont des notions totalement abstraites. Ce n’est pas vrai. Bien qu’imparfaites, ces notions ou plutôt ces grands agrégats macroéconomiques sont de bons indicateurs de performance (on parle de quantitatif, pas de qualitatif bien-sûr) de l’économie d’un pays. Ce n’est pas la donnée brute qui est si intéressante que cela (par exemple : le PIB de la France est de EUR 2,000 md ou bien la croissance Française est de 1% cette année), mais c’est bien la composition de ces indicateurs qui peut donner de précieuses informations sur la manière dont l’économie est gérée d’une part (si elle est pleinement libérée, si le poids du secteur public en fait plutôt une économie dirigée) et d’autre part sur les solutions à apporter pour relancer la machine le cas échéant.

Cet article va donc traiter de la manière dont on calcule le PIB.

Voici la fameuse formule :

PIB = Consommation Finale des Ménages + Formation Brute de Capital Fixe + Variation des Stocks + (Exportations – Importations) : ça c’est la formule de lycée, elle est horrible car peu parlante.

En français, cela signifie donc que le Produit Intérieur Brut est la somme de toutes les valeurs ajoutées, taxes et droits à l’importation moins les subventions.

Nous préférons cette formule qui, vous allez le voir, sert beaucoup mieux notre propos car elle est beaucoup plus transparente que le charabia inscrit plus haut :

GDP (Gross Domestic Product) = Consumption + Investment + Government Spending + (Exports – Imports). Donc en version littéraire : le Produit Intérieur Brut est l’addition de la richesse produite par la consommation, l’investissement privé, l’investissement public et la balance des paiements (différence entre exportations et importations).

On peut aller un peu plus loin avec une deuxième notation celle de PNB (Produit National Brut), qui prend en compte également la valeur ajoutée des agents économiques nationaux sur le sol étranger. La formule est la suivante :

GNP (Gross National Product) = Private Consumption + Investment + Government Expenditure + (Exports – Imports) + Net Income Received from Abroad = GDP + Net Income Received from Abroad

Il est à noter que la balance des transactions courantes correspond à (Exports – Imports) + Net Income Received from Abroad.

Par extension, on peut aussi donner la formule du ‘National Saving and Current Account Balance’ :

Current Account Balance = Private Saving + Government Saving – Investment = Private Saving – Budget Deficit – Investment

Source des formules : CIIA – Société Française des Analystes Financiers

Alors, toujours abstrait ? Se pencher sur la manière dont se calcule le PIB, c’est y voir beaucoup plus clair et c’est aussi la preuve que beaucoup de dirigeants politiques ne sont pas compétents économiquement parlant (je dis bien dirigeants, pas techniciens des ministères ou de Bruxelles). On pourra donc mieux comprendre d’où vient le déficit de l’Etat (pas à un niveau très fin, mais on peut constater le déséquilibre) et surtout de voir la contribution de l’investissement privé, public et de la consommation. Cela permet de classifier des économies : certaines seront libérales, d’autres très dirigistes. On peut aussi mieux comprendre et expliquer les déficits et leur provenance (vis à vis de l’extérieur ou en raison de facteurs endogènes ?). Et ceci permet de constituer également la base d’analyse du comportement des agents économiques ainsi que la manière dont est perçu une économie par l’étranger, via le mécanisme des investissements.

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