Après la journée d’hier extrêmement brutale sur les marchés avec la détérioration de la parité EUR/USD (avec un euro qui vaut moins de 1.21 dollars soit un plus bas de deux ans environ) ainsi que les tensions autour des taux espagnols (suite aux demandes des régions de Valence puis d’autres région d’aides financières au gouvernement central), puis par contagion aux rendements italiens, la bourse de Paris termine la journée du 24/07 toujours en baisse mais moins marquée. L’indice star français a clôturé à 3,074.68 points, après avoir cédé près de 0.9% au cours de la journée. Cependant, la fébrilité des investisseurs s’est calmée, avec un volume d’échanges faibles (moins de 750 millions d’euros) ce qui est le signe d’une grande circonspection de la part des opérateurs de marchés, agacés et frustrés après d’éternels rebonds suivis par d’éternelles déceptions.

Cette baisse du jour est probablement imputable aux nouvelles économiques décevantes en Europe et à de nouvelles tensions sur les taux des obligations espagnoles. Pis, nous avons appris de Moody’s hier soir vers 23h heure française l’abaissement des perspectives pour les notes souveraines de l’Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg (perspectives qui passent de ‘Stable’ à « Negative’). Pour rappel, ces trois pays sont toujours notés AAA, de même que la France qui était déjà sous perspective négative depuis le mois de mars après avoir perdu son AAA pour un AA+ de la part de Standard & Poor’s, agence réputée plus agressive dans ses ratings. Pour justifier sa décision d’hier soir, Moody’s a évoqué notamment le fait que ces trois pays risquent, de par leur santé financière, de supporter la plus grande partie du coût d’une aide éventuelle à d’autres pays de la zone Euro tels que l’Espagne ou l’Italie. De plus, la perspective d’une longue période de récession en Europe au niveau global (on parle parfois de « décennie perdue ») pourrait encore détériorer le profil financier de certains États.

En plus de mauvaises nouvelles concernant la Grèce la semaine dernière (avec la BCE qui refuse à partir de demain les dettes Grecques et les titres garantis par la Grèce en collatéral, exprimant une méfiance inédite), les opérateurs sont maintenant extrêmement crispés par l’Espagne aujourd’hui. 4e économie de la zone euro, son taux de refinancement est aujourd’hui fortement détérioré et bien au dessus des 7% (7.5%, niveau insoutenable dans la durée). Avec les régions qui réclament l’aide de l’Etat et un taux de chômage de 24%, les fondamentaux du pays sont désastreux. Pourtant, nous estimons que rien de justifie ce taux de 7.5% sinon une panique déraisonnée des investisseurs. En effet, nous voyons très mal l’Espagne, grand pays, faire défaut sur sa dette. Tout comme nous pensons judicieux de rappeler que le niveau de dette publique par rapport au PIB est clairement moins inquiétant que pour d’autres Etats. Pour info, 7.5%, c’est un taux proche de celui de la Colombie.

Tout ce que nous pouvons espérer aujourd’hui, c’est une reprise dynamique du programme de rachats de dette d’Etats Européens par la BCE, ainsi que la poursuite du mouvement d’intégration dans la zone Euro. Un jour peut être, les statuts de la BCE seront modifiés car l’Europe sera poussée par la nécessité et un certain nombre de pays ne pourra plus faire appel aux marchés pour se refinancer. Nous pensons que ceci serait plausible à moyen terme, nous avons vu récemment certains Etats se montrer moins vindicatifs et la négociation l’emporter lors des accords de juin. En attendant, l’Europe devra rester solidaire et tout le monde devra mettre la main à la poche. Certains sur les marchés veulent une crise en Europe. Ils vont finir par l’avoir.

Pour le moment, l’été n’est pas au beau fixe et l’activité s’est contractée en Europe comme le montrent les dernières statistiques. Quant à l’emploi, son niveau est au plus bas depuis 2 ans.

Du point de vue de l’analyse technique, nous anticipons un maintien entre 3,000 et 3,300 point d’ici la fin de l’été. Nous identifions une résistance importante au niveau des 3,020 points sur lequel l’indice a déjà buté par le passé. Le RSI ne montre par de survente et le MACD est baissier. Nous sommes baissiers à court terme mais des rebonds sont à pressentir notamment sur les financières en fonction de toute nouvelle donnée.

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