Nous assistons enfin à un rebond conséquent, depuis le dépassement de 3,350 points sur le CAC 40, niveau touché seulement à 3 reprises en 2012. Même si les volumes restent modestes depuis la fin de la semaine écoulée, le niveau de clôture de l’indice phare français (qui a pris 0.96% et atteint les 3,472 points) se situe à un seuil qui n’avait plus été atteint depuis le début du mois d’août 2011 et l’effondrement de l’ensemble des indices boursiers européens et nord américains.
Certes, les indicateurs en provenance d’outre atlantique semblent de bon augure, mais il en faut plus pour provoquer un rebond. La résolution, lente, pas après pas, du dossier grec, véritable serpent de mer de ces derniers mois, y est pour quelque chose, avec la validation très proche (NDLR: maintenant actée au 21/02/2012) du second plan de sauvetage de la Grèce, qui prévoit le versement d’une tranche d’aide de 130 milliards d’euros ainsi que l’effacement de 100 milliards de dette grâce à une forte décote de la part des créanciers privés (rappelons que sans cette aide, la Grèce ferait défaut le 20 mars). Du coup, les opérateurs n’accordent que peu d’importance à la stabilisation de la conjoncture en France, avec un indicateur du climat des affaires en France qui reste terne à 91 points, sous sa moyenne de longue période (100 points).
D’autres indicateurs sont plus réjouissants, notamment le rapprochement des spreads entre les taux souverains, avec des taux allemands qui se tendent légèrement tandis que les taux 5 ans français, italiens et espagnols diminuent légèrement, indiquant un regain de confiance du côté des pays plus périphériques et une dissension moins forte entre l’Allemagne et la France.
De plus, la France a levé aujourd’hui avec succès plus de 8 milliards d’euros à court terme, avec des taux en baisse et une très forte demande des investisseurs (source : Agence France Trésor).
Enfin, la Banque Centrale Européenne a indiqué qu’elle n’avait pas racheté d’obligations d’Etats la semaine dernière, suspendant de fait son programme de rachat de titres (Securities Market Program) pour la première fois depuis le début du mois d’août, ce qui tend à indiquer que la tension autour des pays périphériques s’apaise. Du côté de la Chine, la décision de réduire le ratio de réserves obligatoires des banques d’un demi-point de pourcentage à compter du 24 février est aussi une nouvelle qui fut bien accueillie, car susceptible de relancer la croissance car ceci va alléger nettement les restrictions sur le crédit.
Les autres indices européens ont également bénéficié d’une même tendance favorable : Francfort a pris 1,46%, Londres 0,68% et l’Eurostoxx 50 1,19%. L’euro est aussi orienté positivement par rapport au dollar américain et au Yen, avec un euro qui s’échange à 1.3249 USD et 105.4250 JPY.

Nos prévisions actuelles tablaient sur un CAC 40 qui atteindrait les 3,600 points d’ici ce mois de juin. On voit ici que le rebond se fait plus vigoureux que prévu, avec un CAC qui se rapproche du niveau des 3,500 points, lequel pourrait constituer une résistance. Nous avons à présent deux scénarios qui se profilent : soit à court terme (3 mois) nous verrons notre indice se rapprocher et dépasser les 3,600 voire 3,700 points en cas de renforcement de la conjoncture positive aux Etats-Unis et de non dégradation de la conjoncture macroéconomique en Europe, soit nous pouvons également nous attendre à un repli autour du support des 3,250 points (devenu support depuis son récent franchissement) en cas de mauvaise nouvelle qui retournerait le sentiment des investisseurs, pour voir ensuite l’indice végéter autour de 3,300 points jusqu’au début du second semestre 2012. Bien sûr, le risque d’un défaut désordonné d’un pays tel que la Grèce ne peut pas être encore totalement exclu, ce qui aurait de graves conséquences. Les élections présidentielles en France pourraient aussi accélérer ou ralentir la tendance actuelle.

Ci-dessous, la courbe du CAC 40 pour la journée du 20/02/2012 :

Et la tendance à plus long terme, MACD et RSI élevés (proche des 70 pour le RSI, rouge et noir proches pour le MACD) laissant redouter un ralentissement dans la tendance (voir articles dédiés dans la rubrique « analyse technique ») :

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