Difficile d’échapper à cette actualité : la baleine de Londres, la baleine de la tamise, Voldemort…quelque soit le surnom, le scandale est là relayé par les médias du monde entier.

Un trader français chez JP Morgan Chase, basé à Londres, est en effet soupçonné d’avoir pris des positions extrêmement importantes sur des dérivés de crédit, ce qui pourrait causer une perte de plus de 3 milliards de dollars dans les opérations de courtage (trading income) de la banque.

Déjà, début avril, le Wall Street Journal et Bloomberg avaient révélé et averti qu’un trader de Londres basé dans la division CIO (Chief Investment Office) de la banque avait pris des positions très lourdes sur un indice répliquant l’évolution des CDS (dérivés de crédit) sur 121 entreprises américaines. Les positions étaient en effet tellement fortes qu’elles pouvaient à elles seules influer sur le prix de cet indice, ce dont de nombreux intervenants de marché s’étaient plaints.

JP Morgan a ainsi annoncé que ces investissements risqués et peu efficaces selon les propres mots de Jamie Dimon, patron de la banque, avaient conduit à une perte proche de 2 milliards de dollars et qui pourrait même atteindre 3 milliards de dollars en fonction des conditions de marché, créant dès lors un risque pour le résultat de la banque et une volatilité qui pourrait durer des mois. Et même si la banque assure que ces pertes pourront en partie être compensées par un milliard de dollars de gain sur la vente de produits de converture de la dette, la branche Corporate de JP Morgan pourrait être fortement impactée, avec une perte de près d’un milliard de dollars contre un gain de 200 millions précédemment attendu. A Wall Street, la sentence a été immédiate après la révélation de l’information : JP Morgan était corrigée de 7% dans les échanges d’après Bourse. Tout le secteur bancaire a même été sanctionné.

Malgré les excuses de M. Dimon concernant les risques pris par sa banque, ceci risque de ternir la réputation de JP Morgan, aujourd’hui première banque d’affaires américaine à la réputation pourtant presque immaculée. Cette nouvelle relance le vieux débat sur les risques pris par certaines divisions au sein des activités de trading des banques, au moment où la crise refait surface et où le congrès américain examine sa « Volcker Rule », loi prévoyant de limiter le trading pour compte des banques (prop. trading) afin d’éviter les prises de risque excessives.

Cette affaire ne relèverait toutefois pas de directives au sein de la banque, comme le déclare J. Dimon : « Il s’agissait d’une mauvaise stratégie, très mal exécutée et pauvrement supervisée », parlant d’erreurs « flagrantes » ne relevant pas de la « façon dont nous voulons faire notre métier ».

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