Au fil du temps, on s’est aperçu que l’économie (qui peut d’ailleurs être grossièrement mise en relief par l’évolution des indices boursiers) suivait des phases d’expansion et des phases de récession. Certains économistes ont alors commencé à introduire l’idée de « cycle », c’est-à-dire d’une répétition de ces phases suivant une certaine cadence. Les économies contemporaines se caractérisent par deux phénomènes, qui sont une tendance de croissance à long terme, entrecoupée de crises qui sont en quelques sortes des fluctuations au sein de la tendance (cela fait un peu penser à l’évolution d’un cours en tendance haussière, avec toutes ses fluctuations). En cela, on peut parler de cycles économiques : phases d’expansion précédant des phases de récession, suivies à nouveau d’expansion. Le monde a récemment, par exemple, traversé une phase de récession en 2008-2009, et nous ne nous sommes d’ailleurs toujours pas vraiment remis de cette crise, malgré le fait que la plupart des économies aient renoué assez rapidement avec la croissance.

Cet article a pour but d’amener une réflexion sur les cycles et de présenter les différents cycles ayant été identifiés par des économistes, qu’ils soient vérifiés ou non.

Pour commencer, voici un graphe (Source : Economie et statistique, n° 359-360, 2002), présentant les déviations par rapport à la tendance des taux de croissance du PIB en Europe et aux Etats-Unis, qui fluctuent sur la période 1960-2002.

On constate tout d’abord que la volatilité, ou cyclicité, est plus importante aux Etats-Unis qu’en Europe. Pour les deux économies, on peut lire un cycle moyen d’une durée globalement proche de 10 ans (1960-1971 ; 1983-1992 ; 1992-2002).

En Europe d’ailleurs, on peut aussi identifier un plus petit cycle, de 3 ans, assimilable à un cycle de Kitchin (voir plus bas).

Les 30 glorieuses quant à elles peuvent être assimilées à un cycle de Kondratiev.

Les différents cycles

Un cycle peut être défini par « un mouvement d’allure quasi périodique comportant une phase croissante et une phase décroissante ».

C’est Clément Juglar, un économiste français, qui évoqué en premier la notion de cycle en 1862. Pour cela, il compara l’évolution de l’économie de plusieurs pays occidentaux (France, Royaume-Uni, Etats-Unis) sur plusieurs périodes. Juglar fut le précurseur mais de nombreux autres économistes se sont ensuite intéressés de très près aux cycles afin de pouvoir mieux comprendre et anticiper les évolutions économiques.

4 cycles sont aujourd’hui principalement évoqués (par ordre de longueur) :

–          Le cycle de Kitchin (4-5 ans),

–          Le cycle de Juglar (8-10 ans),

–          Le cycle de Kuznets (15 à 25 ans),

–          Le cycle de Kondratiev (de 40 à 60 ans).

  1. Le cycle de Kitchin

Le cycle de Kitchin est un cycle assez populaire, avec un intervalle de temps qui correspond globalement à une durée entre 3 et 5 ans. Il fut découvert par Joseph Kitchin en 1923 grâce à l’étude de la fluctuation de prix entre la fin du XIXe siècle et le début des années 1920, aux Etats-Unis. C’est un cycle court, avec pour caractéristique que sa faible longueur ne provoque pas de crise ou de récession, simplement un ralentissement notable de l’expansion. Certaines recherches ont en outre démontré la présence de cycles proche de celui identifié par Kitchin dans les fluctuations de l’économie mondiale, ce qui tendrait à indiquer qu’il s’agit d’un cycle réel.

  1. Le cycle de Juglar

Aussi appelé « cycle des affaires » après sa découverte par Juglar en 1862, il a une durée moyenne de 10 ans environ (entre 8 et 10 ans la plupart du temps). Juglar le présente comme un cycle à trois phases, avec une phase d’expansion, une phase de crise et une phase de liquidation. Alvin Hansen, un économiste, observa jusqu’à 12 cycles de Juglar entre 1837 et 1937 aux USA, avec une durée moyenne légèrement supérieure à 8 ans.

  1. Le cycle de Kuznets

Plus long, ce cycle est réputé durer jusqu’à 25 ans, parfois moins (autour de 15-20 ans). Ce cycle n’est pas confirmé.

  1. Le cycle de Kondratiev

Introduit par Nikolaï Kondratiev en 1926, ce cycle est un cycle long (40-60 ans) qui présente deux phases : une phase ascendante et une phase descendante.

Selon N. Kondratiev, la phase ascendante voit un excès d’investissement se produire (de par les entreprises qui tentent de faire face à la concurrence), ce qui provoque une hausse des prix et des taux intérêts en raison de la demande de monnaie qui se fait plus forte. Ainsi, on arrive à la phase descendante, qui voit un déclin de l’activité productive, avec une diminution de la consommation, des taux d’intérêts et de l’investissement. Puis le cycle repart.

Ci-dessous, le schéma représentant les phases au sein du cycle de Kondratiev moyen (50 ans).

Le cycle économique

Hors de ces théories, on peut établir un cycle économique de manière schématique comme ce qui suit :

Ce schéma fait, de manière simplifiée, le lien entre les cycles (périodes de récession, croissance puis crise) et la politique économique et monétaire.

Les cycles en bourse

En complément de l’article sur les bulles spéculatives, on peut simplement dire ici que généralement, les bourses ont tendance à anticiper (par l’intermédiaire des investisseurs qui observent les signaux avant coureurs) les cycles économiques, avec cependant des amplitudes plus grandes. Les cours ont tendance à chuter ou à croître de manière anticipée face à l’économie réelle. Cependant, ces dernières années, on a observée une corrélation beaucoup moins forte entre les marchés et l’économie réelle, du moins à court terme. On peut donc utiliser le marché comme proxy d’anticipation, en restant cependant pragmatique.

Pour aller plus loin :

http://www.escholarship.org/uc/item/9jv108xp#page-1

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/revues-collections/problemes-economiques/theories/macroeco.shtml

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