Les futures, au même titre que les forwards, les options et les swaps, sont des produits dérivés. Ils sont assez proche des forwards, qui ont déjà été l’objet d’un précédent article.
Un contrat de futures est un contrat passé entre deux parties dans lequel une partie (l’acheteur), s’engage à acheter à la seconde partie (le vendeur), un actif sous-jacent ou un autre dérivé, à une date future et à un prix agréé au jour du contrat.
Cependant, contrairement à un contrat forward, un contrat de futures n’est pas privé (de gré à gré) et de ce fait totalement personnalisé. Au contraire, un contrat de futures est une transaction publique qui se fait sur un marché organisé. De plus, le contrat de futures est un contrat standardisé, qui porte sur un nombre de contrats donnés à un prix donné. Enfin, une position dans un contrat de futures peut être débouclée beaucoup plus facilement que pour un forward où il faut pour cela soit prendre une position contraire à la sienne, soit s’entendre avec un autre acheteur ou vendeur qui sera intéressé par la même transaction (ce qui est parfois difficile au vu de la forte personnalisation des contrats forwards). De par ces avantages forts, les contrats de futures constituent le produit dérivé le plus négocié et échangé du monde. Ils représentent même plus de 40% du volume global traité sur les marchés financiers.
Les transactions privées, comme pour les forwards, ne sont par essences pas rendues publiques : les différentes parties ne vont pas rapporter qu’elles se sont engagées dans un contrat. Pour les futures, c’est totalement différent puisque toutes les transactions sont, comme pour les transactions en actions par exemples, communiquées aux marchés de futures, aux chambres de compensation (clearing houses) et à certaines agences de régulation. Les prix des transactions sont en outre enregistrés et communiqués aux investisseurs via les marchés financiers et certains médias.
Une autre différence fondamentale avec les forwards et la date de fin du contrat. Pour les forwards, ce sont les deux parties qui s’entendent sur une date, tout est donc possible. Pour les contrats de futures, la situation est encore une fois toute autre puisque le marché propose uniquement une gamme de plusieurs dates d’expirations possibles pour les contrats futures. La taille des contrats, comme on l’a dit, est aussi prédéfinie.
Mais le grand avantage des futures par rapport aux forwards repose sur la notion de risque. En effet, dans un forward, les parties encourent des risques :
– Le risque de défaut : c’est le risque qu’une partie ne remplisse pas son obligation (que le vendeur ne livre pas l’actif ou que l’acheteur ne procède pas à son paiement). Ce risque disparait avec les futures, puisque toute transaction se fait à travers une clearinghouse (chambre de compensation). Une clearinghouse est une tierce partie dont le rôle est de régler les montants dus et de recevoir les actifs correspondants aux transactions. La clearinghouse intervient donc entre l’acheteur et le vendeur et, grâce à un système d’appels de marge, garantit les paiements au vendeur tout en garantissant également la livraison à l’acheteur.
– Le risque de liquidité : les forwards, de par leur caractère personnalisé, ne sont comme on l’a vu que très peu liquide. Les contrats de futures, standardisés, permettent de dénouer les positions bien plus aisément.

Caractéristiques des futures

1/ Des contrats standardisés

Le marché à terme qui crée les contrats de futures provoque les standardisations suivantes sur les contrats : la quantité (nombre de contrats, quantité d’actif par contrat), la devise, le type d’actif, les détails de la livraison, les journées de cotations et horaires, l’échéance des contrats (celles-ci sont désignées par des lettes en fonction du mois, avec les plus courantes qui sont H, M, U et Z pour Mars, Juin, Septembre et Décembre).

2/ Un marché organisé

Les contrats de futures sont créés et s’échangent sur un marché à terme organisé. On trouve deux principaux types de marchés sur ce point :
– Les marchés électroniques : très répandus aujourd’hui, principalement en Europe et en Asie, les échanges électroniques permettent de gagner beaucoup de temps dans les cotations. Les opérateurs sont face à leur ordinateur et entrent leurs prix d’achat (bid) et de vente (ask) dans le système, qui combine l’ensemble de ces ordres pour créer le marché.
On trouve 3 principaux types d’intervenants sur ces marchés, qui sont les arbitragistes (qui effectuent des opérations de carry trade), les traders et les hedgers (qui utilisent les futures pour se couvrir, c’est-à-dire réduire les risques pris dans le cadre d’autres opérations).
– Les marchés à la criée : on les trouve principalement sur le continent Nord-Américain, notamment à Chigaco qui est la plus grande place financière pour les futures. Sur ce type de machés, qui sont organisés en « pit » (zone distinctes où les cotations ont lieu) dans lesquels les opérateurs passent leurs ordres en criant les prix d’achat et de vente qu’ils acceptent. Ils utilisent aussi un langage par signes des mains élaboré pour passer leurs ordres.

Sur ces marchés de futures, voici les principaux intervenants que l’on peut retrouver :
– Les brokers : appelés aussi futures commission merchants, leur rôle est d’exécuter des transactions pour d’autres parties.
–  Les floor-traders : souvent appelés locals, ce sont les faiseurs de marché, c’est-à-dire qu’ils interviennent directement sur le marché pour proposer des prix d’achat et de vente, faisant ainsi les cotations. Ce sont les principaux apporteurs de liquidité sur le marché.
–  Les scalpers : ils cherchent à profiter des différences entre les prix, en achetant au prix d’achat et en revendant au prix de vente le plus élevé possible. Ils conservent leurs positions très peu de temps, souvent quelques secondes.
–  Les traders : ce sont les opérateurs de marché, on les classe en deux catégories : les day traders (ils détiennent des positions plus longtemps que les scalpers mais les closent toutes à la fin de la journée de trading) et les position traders (ils détiennent des positions overnight, qui se prolongent sur d’autres journées de trading).

3/ Les chambres de compensation

C’est le principal avantage des futures, qui permet de diminuer très fortement le risque de défaut intrinsèque à une opération entre des parties. Dès qu’une transaction est enregistrée auprès d’une chambre, la clearinghouse se substitue en tant que contrepartie au vendeur et à l’acheteur initiaux. De fait, lorsqu’un opérateur X va acheter un contrat à un opérateur Y, la transaction va être en fait divisée en deux : X achète à la chambre de compensation (et effectue à cette occasion un dépôt de marge initiale), Y vend à cette même chambre (et l’actif est sécurisé). Ainsi, si Y devait faire défaut (c’est-à-dire ne pouvait honorer son engagement a posteriori), X n’en subirait pas les conséquences comme lors d’un contrat de forwards où il se retrouverait face à une transaction « sèche ». Lors de la vie du contrat de futures, sa valeur peut fluctuer. Ainsi, en fonction des gains et des pertes de l’acheteur du contrat, la chambre pourra être amenée à faire des appels de marges afin de sécuriser les sommes dues au vendeur, qui peuvent donc augmenter en fonction des fluctuations de prix durant la période du contrat à terme. Si les appels de marges ne sont pas satisfaits, la position sera close et le contrat clôturé.

4/ La liquidité

Les contrats de futures, de par leurs caractéristiques de standardisation, sont liquides, c’est-à-dire qu’ils peuvent s’échanger (achat, vente) et que les positions peuvent être clôturées beaucoup plus facilement que pour des forwards (de gré à gré et personnalisés). Ceci diminue les risques et permet d’avoir des prix qui sont un meilleur reflet des valeurs réelles des contrats. Grâce à ceci, on admet communément pouvoir utiliser les futures pour prédire les mouvements de certains actifs ou indices.

5/ Les principaux types de contrats

Les contrats portent principalement sur :
– Des devises (EUR, USD, JPY, GBP…)
– Des indices (Nasdaq, S&P 500, FTSE 100, Nikkei 225, CAC 40, DAX 30…)
– Des commodities (blé, soja, maïs, lait, or, argent, pétrole, sucre, coton, jus d’orange…)
– Des taux court terme (US Treasury Bills, Eurodollar…)
– Des taux moyen et long terme (US Treasury Notes, US Treasury Bonds…)

6/ Les principaux marches

Les dix principaux marchés de futures du monde sont, dans l’ordre :

–          L’Eurex (Allemagne – Suisse)

–          Le CME (Chicago Mercantile Exchange) (USA)

–         Le CBT (Chicago Board of Trade) (USA)

–          Le LIFFOE (London International Financial Futures and Options Exchange) (UK)

–          Le BMF (Bolsa de Mercadorias & Futuros) (Brésil)

–          Le NYME (New York Mercantile Exchange) (USA)

–          Le TCE (Tokyo Commodity Exchange) (Japon)

–          Le LME (London Metal Exchange) (UK)

–          La Bourse de Paris (France)

–          Le SFE (Sydney Futures Exchange) (Australie)

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