La semaine dernière s’est terminée sur une note très optimiste, peut être même trop, au vu du niveau des principaux indices.

Petit tour d’horizon :

–         Dow Jones : clôture vendredi soir à 14,329.49 points (plus haut historique, au dessus des niveaux jusque là inégalés de l’été 2007, avant crise) ;

–         S&P 500 : clôture à 1,544.26 (niveaux proches des plus hauts historiques de l’été 2007) ;

–         Nasdaq Composite : clôture à 3,232.09 (encore très loin du niveau anormalement élevé dû à la bulle Internet de 1999-2000, mais tout de même bien au dessus du dernier record de l’été 2007, sous les 3,000 points) ;

–         Nikkei : clôture ce matin heure GMT à 12,349.00 points (au plus haut depuis l’été 2008, même si l’on est encore bien loin des records des années 80 et 90) ;

–         Dax 30 : clôture vendredi à 7,939.77 (au contact des plus hauts niveaux de 2000 et 2007) ;

–         Footsie 100 : clôture à 6,439.16 points (lorsque les 6,500 seront franchis, on pourra comparer le niveau de l’indice avec les records pré-bulle Internet et pré-crise des subprimes) ;

–         CAC 40 : clôture vendredi soir à 3,840.15 points (3,800 points franchis comme nous l’anticipions pour ce premier trimestre 2013, cf. article du 11 janvier ; indice au plus haut depuis l’été 2011, toutefois très loin des niveaux de 2007, sans parler de 2000 de toutes façons surévalués).

Alors quelle(s) conclusion(s) tirer de tout cela et que dire du marché français ?

Pour le moment, tout se passe comme prévu, avec les 3,800 sur le CAC 40 franchis selon notre anticipation bien qu’une pause soit très perceptible. Concernant le niveau de l’indice dans son ensemble, nous sommes bien évidemment plus pessimistes sur le marché français que sur le reste du monde (et de l’Europe d’ailleurs). En effet, même si cela est devenu moins vrai ces derniers mois, un indice boursier a tout de même toujours le rôle d’un indicateur avancé de l’économie. Avec une croissance française atone depuis des années et un repli anticipé du PIB pour le premier trimestre 2013 (étude de Natixis de ce matin), sans parler des statistiques de l’Insee annonçant une baisse de l’activité manufacturière en volume de 1.4% en janvier par rapport à décembre, il peut sembler anormal que le CAC 40 continue sa progression à ce rythme. On pourra argumenter en disant que les 40 plus grosses capitalisations françaises sont moins corrélées à l’économie hexagonale que le reste des entreprises du pays étant donné leur plus forte exposition à l’international, cela ne suffira pas à justifier une croissance du CAC au même rythme que les indices US ou autres en Europe. Les niveaux du Dax et du FTSE sont déjà à notre sens nettement plus justifiés car 1/ le DAX allemand bénéficie de l’économie la plus saine du vieux continent et 2/ le FTSE est au cœur de l’économie européenne la plus financiarisée et Londres est accessoirement toujours dans le top des places financières mondiales.

Et donc, quel avenir pour le CAC 40 ? Nous avons ici deux visions qui peuvent paraitre contradictoires. En ce qui concerne l’indice dans son ensemble, tout le monde peut déjà constater qu’il y a une grande différence en termes de niveaux entre le CAC 40 et le DAX, FTSE + indices américains : on est encore loin des niveaux d’avant crise. Le CAC peut sembler sous évalué mais étant donné la santé assez relative de l’économie française, il est normal d’observer un gap avec les autres indices mentionnés. Toutefois, la marge de progression reste forte, ce qui peut sembler être une bonne nouvelle pour les investisseurs exposés aux actions françaises ou aux trackers. Mais il ne faut pas oublier la forte corrélation avec l’actualité macro économique d’une part et les autres grands indices d’autre part. Si ceux-ci (US, Dax et FTSE), déjà à des niveaux élevés, se mettent à stagner ou à reculer, il y a fort à parier que le CAC 40 suivra cette trajectoire également, bien que possiblement dans une moindre mesure.

Au final, nous sommes positifs sur l’indice tant que la croissance US est au rendez-vous, ce qui est pour le moment le cas, avec un taux de chômage à 7.7% qui se rapproche petit à petit de l’objectif des 6.5% de la Fed (à modérer vu les coupes budgétaires à venir en raison du fiscal cliff). Mais attention au contrepied en cas de mauvaise nouvelle sur le plan de la croissance américaine ou chinoise. Au vu de la relative faiblesse de l’économie française, nous voyons donc un CAC 40 assez atone, condamné à voir le gap entre son niveau de capitalisation et ceux d’autres grands indices s’élargir. Il ne bénéficie pas autant des bonnes nouvelles et plonge souvent davantage que ses peers. C’est ce que l’on voit depuis 2007-2008, d’où un redressement beaucoup moins marqué que pour les autres indices américains, allemands ou britanniques. Quant à la comparaison avec le Nikkei, elle reste non pertinente étant donné les niveaux trop élevés du Nikkei dans les années 80-90 et la politique actuelle de la BoJ, non reproductible en Europe et en tous cas hors statuts de la BCE.

Conclusion : si l’économie américaine se maintient sur ses niveaux assez dynamiques actuels et si la zone Euro renoue avec la croissance d’ici la fin de l’année, le CAC 40 pourrait repasser le niveau symbolique des 4,000 points. Les niveaux de 2007 sont cependant irréalisables car cela supposerait également une forte croissance des autres indices déjà très élevés étant donnée la santé de l’économie mondiale, incomparable avec ce qui fut observé au milieu des années 2000.

Cela ne veut toutefois pas dire que les opportunités en stock picking sont inexistantes, au contraire (cf notre dernière étude sur les secteurs à privilégier en 2013)…et ce même sur le CAC qui semble pourtant ne pas être un indice growth d’avenir.

En cette fin d’hiver 2013, la tendance de l’été 2012 se confirme : la situation dans la zone euro s’est stabilisée et les investisseurs se sont de toute manière habitués à la tristesse de l’économie sur le vieux continent, la machine nord américaine repart, les craintes sur le prix du pétrole se sont réduites grâce à l’autosuffisance américaine (fait très important de ce début de XXIe siècle : la Chine est aujourd’hui le plus gros importateur de crude oil, alors que c’étaient les USA depuis les années 70), bref tout porte à un rééquilibrage vers les actifs plus risqués et donc à un délaissement du monétaire et une hausse des taux souverains. En bref, shortez votre portefeuilles de bonds, soyez longs sur les actions (mais pas n’importe lesquelles). Pour preuve d’une appétence au risque renouvelée, voici l’indice VIX mis à jour pour début mars :

 

Source: Bloomberg
 
 

>>> Pour comparaison, les différents niveaux d’indices suivant la comparaison faite en introduction de cette étude, avec des niveaux de comparaison qui parlent d’eux-mêmes :

Source: Google; Yahoo
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