Encore en pleine tourmente boursière (qui tend à s’émousser toutefois après la forte correction sur la plupart des indices mondiaux depuis la fin du mois de juillet), les marchés ne sont toujours pas clairement orientés. Au menu des réjouissances, inquiétudes toujours présentes sur les dettes souveraines des pays périphériques de la zone euro, en particulier la Grèce, toujours au premier plan, mais aussi le Portugal, l’Irlande et maintenant l’Italie et l’Espagne et ce malgré des déclarations visant à rassurer les marchés et annonçant des politiques de rigueur. De plus, les inquiétudes concernant la croissance mondiale sur la fin 2011 restent importantes, bien qu’à relativiser. Pour couronner le tout et comme chacun le sait, Standard and Poor’s a dégradé la note des USA à AA+ contre AAA précédemment (qui est rappelons le la note la plus élevée). Alors oui, bien que AA+ soit le gage d’une qualité toujours excellente et que ce n’est qu’une simple variation de note d’une seule agence de notation, cela a retourné les marchés car rappelons-le, l’investisseur est un être fragile et craintif et le poids psychologique du geste de S&P a été ressenti, plus comme un simple avertissement, plutôt comme une immense épée de Damoclès planant sur Wall Street et donc sur la finance mondiale. Et puis la semaine dernière, des rumeurs de dégradation du triple A de la France ont jeté un vent de panique sur les marchés, malgré le déni des agences de notation qui ont cherché à rassurer les investisseurs.

Bon. Depuis, quelques avancées ont eu lieu. Des budgets restrictifs dans la zone euro comme on l’a dit, qui visent à réduire rapidement les déficits, la confirmation du triple A américain par Fitch et Moody’s, des indices économiques pas si mauvais que prévu et une réunion au sommet réunissant la France et l’Allemagne qui, bien qu’ayant formulé quelques décisions contestables, a au moins montré l’attachement du duo de tête de l’UE à sa monnaie unique et d’une farouche volonté de la défendre.

Dans la suite de ces évènements, la journée du 17 août a encore été marquée par quelques rebondissements et une volatilité toujours exacerbée, avec des évolutions en somme peu prévisibles. A l’ouverture, le CAC 40 a débuté dans le rouge, affichant son scepticisme voire son mécontentement face aux mesures dévoilées par N. Sarkozy et A. Merkel. Des mesures en effet pas « révolutionnaires », comme on le souligne chez Aurel BGC. Cependant significatives sur plusieurs points : « en se concentrant sur la gouvernance économique de la zone euro, les dirigeants allemand et français font passer deux messages très clairs. Le premier est une détermination à défendre l’euro grâce à des mesures de convergence économique et financière, le second est qu’il n’est question ni de jouer la facilité, ni de rendre la vie plus facile aux « mauvais élèves » de la zone euro ». Et la question de la règle d’or, destinée à juguler les déficits publics, a aussi été évoquée.

Ce sont les valeurs bancaires qui sont malmenées tout d’abord, en raison du projet de taxe sur les transactions financières évoqué par M. Sarkozy et Mme Merkel. Cette tendance va perdurer toute la journée, notamment pour Société Générale et BNP Paribas, qui terminent dans les bas fond de l’indice parisien, respectivement à -2.51% et -2.16%. Côté SRD, NYSE Euronext fait aussi les frais du projet de taxe, avec un repli en fin de journée de 4.74%.

Mais un bon signe : même si le marché reste globalement plutôt déprimé alors que j’aurais anticipé un rebond technique après la dégringolade assez violente de ces dernières semaines, les fondamentaux d’entreprises reprennent un certain pouvoir dans les cotations. Pour preuve, EADS qui termine en tête du CAC 40 à +3.67% grâce à des projets d’achat de 5 Airbus A380 par Aeroflot.

Au final, le CAC s’en tire à bon compte, en progression de 0.73%, par rapport aux indices Allemand et Britanniques, en repli de 0.77% et de 0.49%. De l’autre côté de l’Atlantique, l’humeur n’est pas non plus à la fête, avec le Nasdaq à -0.47%, le Dow Jones à +0.04% et le S&P 500 à +0.09%.

Alors, enfin le rebond malgré des indicateurs macroéconomiques pas terribles mais pas catastrophiques non plus, ou bien va-t-on rester dans cette spirale de la peur ? A chacun de juger, l’opinion du marché est loin d’être tranchée sur cette question.

Partager