Une moyenne mobile est une technique permettant de lisser une série de données et donc de dégager plus facilement une tendance. De par sa simplicité, la moyenne mobile, ou plutôt les moyennes mobiles puisqu’elles présentent plus d’avantage lorsqu’il y en a plusieurs, sont probablement l’indicateur graphique le plus utilisé car très compréhensible et généralement assez fiable. En effet, le plupart des analystes, même réticents à l’analyse technique, tiennent compte des moyennes mobiles et de leur évolution face à un cours donné.

Même si les moyennes mobiles permettent de dégager clairement une tendance, elles ne se suffisent pas à elles-mêmes pour établir des prévisions et anticiper les changements car de par leur calcul, elles constituent un indicateur « à retardement ».

Une moyenne mobile se calcule de manière assez sommaire.  En analyse technique, la moyenne mobile est glissante, c’est-à-dire qu’elle se calcule sur x jours depuis le jour de cotation n (aujourd’hui). Par exemple, une moyenne mobile à 20 bourses, on calculera simplement la moyenne glissante des 20 derniers jours de bourse.

Ci-dessous, un exemple sur l’évolution du CAC 40 et les moyennes mobiles à 20 et 50 bourses. En bleu, la MM à 50 bourses, en rouge la MM à 20 bourses.

Les moyennes mobiles à 20 et 50 bourses sont les plus utilisées. Il est important, en plus d’avoir la tendance générale qui peut être lue avec une seule moyenne mobile, d’avoir une seconde moyenne mobile car lorsque les deux se recoupent, ceci peut constituer des signaux ou valider des mouvements.

Les signaux dégagés par les moyennes mobiles

Si l’on fonctionne avec les MM50 et MM20, on peut être confronté aux indicateurs suivants :

–          La MM20 coupe la MM50 et passe « dessous » : il s’agit d’un signal de vente, le marché se retourne à la baisse et cela est clairement matérialisé par les moyennes courtes qui deviennent plus faibles que les moyennes longues, symbolisant la tendance à long terme.

–          La MM20 coupe la MM50 et passe « dessus » : il s’agit cette fois d’un signal d’achat, puisque la moyenne court terme est plus « forte » que la moyenne long terme, soulignant une hausse des cours.

–          La forme de la MM50 : si elle continue de souligner une tendance terme, on peut estimer que l’orientation actuelle des cours peut perdurer dans le long terme. De plus, si les deux MM évoluent longuement en restant parallèles, ceci souligne la force de la tendance en cours et la conviction du marché.

–          La comparaison entre la MM et la forme des cours : si le moyennes mobiles se croise très proche d’un plus haut ou d’un plus bas, il s’agit d’un bon indicateur de retournement. Dans le cas contraire, il est probable que le mouvement soit déjà passé et qu’il soit trop tard pour prendre position.

Exemple

Ci-dessous, l’évolution des moyennes mobiles sur le cours d’Axa, sur une période de 6 mois :

On peut observer les détails suivants :

–          En mai et juin, le titre évoluait de manière très stable, comme le soulignent les moyennes mobiles qui se superposent. Cependant, la MM20 passe à un moment sous la MM50, puis repasse au dessus, soulignant que la stabilité était due à un équilibre précaire entre acheteurs et vendeurs, attentistes face au manque de visibilité sur le marché.

–          La MM20 finit par nettement plonger sous la MM50, induisant un fort signal de vente. Puis les deux moyennes relativisent leur éloignement et évoluent de manière pratiquement parallèle durant environ 3 semaines, indiquant une tendance qui perdure. Le marché reste à la vente.

–          En fin de période, la MM20 se redresse soudainement en raison de forces acheteuses. Les deux MM semblent devoir se croiser à nouveau, constituant de fait un signal d’achat qui reste toutefois à confirmer. Il est prudent d’utiliser d’autres indicateurs étant donné la propension des moyennes mobiles à être en retard sur le marché.

En conclusion, les moyennes mobiles sont des outils simples qui permettent de dégager des tendances claires ainsi que de confirmer des mouvements. Toutefois, elles restent insuffisantes pour la prévision mais peuvent être très efficaces, couplées à d’autres indicateurs.

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