Malgré la crise, les rémunérations accordées aux grands dirigeants des banques d’affaires sont restées élevées en 2011, et ce même si les bénéfices ont globalement stagné et la valeur des actions a très nettement chuté lors du second semestre 2011.

Ainsi, Jamie Dimon , président de JP Morgan Chase, a accumulé la coquette somme de 23 millions de dollars environ au titre de sa rémunération de 2011. Ce montant se décompose en 1.5 millions de dollars en numéraire (au titre de son salaire), en 4.5 millions de dollars de primes variées et de bonus et en 17 millions de dollars versés en actions et stock-options. JP Morgan a en effet très bien performé en 2011 avec un bénéfice net de 19 milliards de dollars, un record, devenant ainsi la plus puissante banque des Etats-Unis.

Le second dirigeant le mieux payé dans le monde de la finance serait ensuite John Stumpf de chez Wells Fargo, avec pas moins de 20 millions de dollars de rémunération totale en 2011. Il est suivi notamment par Vikram Pandit, CEO de Citigroup, qui va pouvoir jouir d’un montant de près de 15 millions de dollars.

A titre de comparaison, Lloyd Blankfein, le très médiatisé dirigeant de Goldman Sachs, a touché 9 millions de dollars en 2011, un montant en baisse par rapport à 2010 où son enveloppe globale de rémunération s’était élevée à 13 millions d’USD. Chez Bank of America, Brian Moynihan a été payé 7 millions de dollars, une enveloppe en recul de 30%.

On remarque tout de même que globalement, les salaires des grands pontes de la finances ont marqué le pas, notamment sous la pression de la médiatisation très forte qui les suit depuis 2008 et les premiers affres de la crise financière. Seul Jamie Dimon a maintenu une enveloppe totale de rémunération d’un niveau presque équivalent à celle de 2010. En France, la modération a été clairement de mise en 2011, où nos dirigeants des deux principales banques n’ont touché que 2.2 millions d’euros et 2 millions d’euros, respectivement pour Baudouin Prot (BNP Paribas, montant en baisse de 20%) et Frédéric Oudéa (Société Générale, montant en recul de 18%).

Mais les PDG des grandes banques ne sont pas forcément ceux qui gagnent le plus au sein de leurs établissements. Il convient bien sûr de rappeler que les millionnaires ne sont pas la norme au sein du monde de la finance, mais certains opérateurs de marché ont pu accumuler des sommes bien plus faramineuses l’année dernière. Il y a par exemple le cas de « la baleine de Londres », un trader français de chez JP Morgan justement. Selon la Tribune, cet opérateur aurait gagné plus de 100 millions d’euros en moyenne ces dernières années en traitant sur les CDS (Credit Default Swap), très connus depuis la crise de 2007-2008, et qui sont en quelques sortes des produits financiers fonctionnant comme une assurance contre le défaut d’une contrepartie (celui qui achète le CDS verse une prime au vendeur et reçoit une certaine somme de la part du vendeur si la contrepartie fait défaut, c’est donc en fait un produit dérivé qui permet de se couvrir contre le risque de crédit d’une contrepartie). On se souvient du cas AIG en 2008 et des conflits d’intérêts au sein des banques d’affaires qui détenaient des CDS sur leurs propres produits (généralement des CDO).

Après J. Kerviel (SG) et F. Tourre (GS), une preuve de plus que nos français sont à ce jour les champions incontestés des marchés en termes de notoriété. Est-ce une bonne chose ? A vous de vous faire une idée, mais si même le Financial Times le pense…

Ci-dessous, classement mondial des meilleurs masters en finance selon le FT

Source: Financial Times rankings – masters in finance
 
http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/la-france-forme-les-meilleurs-traders-du-monde_1004562.html

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