19 septembre 2011. Après une semaine pourtant sous le signe d’un timide renouveau, on démarre ce lundi dans la déprime totale, pour changer. Toutes les bourses européennes ont subi des pertes aujourd’hui, après le cuisant échec de nos dirigeants européens qui devaient (du moins on l’espérait) trouver (ou au moins formuler), enfin, une solution pour la crise grecque.
Le CAC 40 cède 3% tout rond, à un pâle niveau encore une fois sous le seuil des 3,000 à 2,940.00 points. Le DAX est en repli de 2.83 % à 5,415.91 points, quant au FTSE, il subit également de lourdes pertes à 5,259.56 points (l’indice montre une meilleure résistance que ses semblables, en repli de 2.03 %). C’est donc la crise de la dette grecque qui occupe encore et toujours tous les esprits, un sujet récurrent, tellement récurrent qu’il y a là de quoi faire une vraie overdose de moussaka. On peut être aussi exaspéré, au choix, par l’incapacité la plus totale des ministres des finances de l’UE à parvenir à se mettre d’accord sur une solution tout en communiquant de manière claire sur la conduite qui va être tenue. Les marchés sont peuplés de petites créatures fragiles qui ont BESOIN d’être rassurées constamment ! Les politiques ne l’ont apparemment pas encore compris. Comme on l’a vu avec le débat des primaires la semaine dernière, ceux-ci sont prompts à taper sur la finance (et à dire au passage des absurdités plus énormes les unes que les autres), beaucoup moins à la comprendre. Mais nous tergiversons et ce n’est pas le sujet. Quoique.
Pour couronner le tout, le parti d’Angela Merkel a subi un énième revers, ce qui pourrait conduire à un renforcement des positions eurosceptiques en Allemagne. Mais après tout, chaque peuple est souverain. Je discutais hier avec un financier Texan qui se demandait pourquoi, si l’Europe ne voulait pas être fédérale, la monnaie unique existait encore…
En France, nous avons droit à des déclarations prônant l’effacement de la dette grecque. Solution diablement efficace mais court-termiste et inévitablement source d’un signal désastreux pour les autres économies endettées vis-à-vis des pays payeurs (globalement, ce serait le règne du « Je dépense, donc tu payes », une mauvaise chose à la fois pour les dépenseurs et les payeurs). Le défaut grec serait par ailleurs clairement désastreux pour l’Europe, mais aussi le monde, étant donné que les valeurs orientées finance ne sont pas les seules à battre de l’aile : industries qui revoient leurs prévisions à la baisse (on a le cas d’une note portant sur ArcelorMittal aujourd’hui avec des prévisions bien moins favorables en termes d’EBITDA), secteurs de l’énergie en berne…
Aujourd’hui, aucune bonne nouvelle donc, pas de données économiques importantes, pas de publication d’indicateurs majeurs, aucune perspective favorable en termes de croissance dans le vieux monde ou le nouveau. Le seul espoir, mince, repose sur le Fed qui pourrait instaurer un plan budgétaire, seul à même d’apporter un peu de fraicheur dans ce monde de brutes. Ce mercredi, l’autorité pourrait annoncer une mesure d’importance qui porterait sur les taux d’intérêts long terme.
Les marchés américains ont suivi les européens, au fond du puits. A l’heure où ces lignes prennent forme, le Dow Jones perd 0.59%, le S&P 500 chute de 0.81%. Quant au Nasdaq, il résiste et reste stable.
Mis à part cela, du côté des valeurs il y a un peu plus de matière. Sans transition, on retrouve une actualité plus touffue en microéco, avec par exemple EADS qui prend 0.48% après l’annonce faite que le Qatar serait sur le point d’acquérir 7.5% du capital du groupe aux dépends de Daimler. Autre donnée intéressante, le plongeon de Michelin (-6% à 45.50 EUR) et ce à cause de la dégradation par Morgan Stanley (de surpondérer à sous-pondérer, direct), pour un objectif de cours de 50 euros contre 74 précédemment. Et puis, toujours UBS qui se déleste de 1.8%, suite au scandale des pertes de la banque d’investissement. En cause, un trader malheureux qui, de par des opérations non-autorisées, a provoqué une perte avoisinant les deux milliards de francs suisses. Mais ça ne fait peur à personne, après le scandale de la SoGé avec JK, ce trader passe encore pour un saint. Et en parlant de la SoGé, des choses pourraient être amenées à se décanter dans les prochaines semaines, et plus globalement au niveau des valeurs bancaires françaises. Keep in touch !

Tendances du CAC, ou la tristesse d’un gros gap:

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