Mario Draghi a peut être gagné la partie…et gratuitement, sans verser un seul euro. En effet, aujourd’hui, rares sont encore ceux qui parient sur une dislocation de la zone euro. L’Europe a tenu envers et contre tout, surtout ceux qui jouaient sur sa perte. Pour preuve, le resserrement un peu plus fort aujourd’hui des spreads de taux entre les différents pays européens:

1/ L’Italie: EUR 3.5bn d’obligations placées ce matin au taux de 1.85% (vs. 2.50% pour la dernière opération similaire). Cela signifie qu’il s’agit du taux le plus faible observé depuis le premier trimestre 2010. Taux 10 ans Italien: 3.98%

2/ L’Espagne: à 4.88% pour le 10 ans, le rendement se détend également.

3/ Portugal: le taux 10 ans à 6.40% indique toujours quelques tensions à propos de la solvabilité du pays mais ceci tend à s’apaiser.

4/ France: le taux de l’OAT se tend à 2.17%, signe qu’il s’agit un peu moins d’une obligation refuge même si le rendement reste bas, signe aussi d’un regain d’appétence pour d’autres produits ce qui peut être avant-coureur d’un futur resserrement des spreads en UE.

5/ Allemagne: Bund à 1.53%, avec une légère tension qui souligne encore un appétit pour le risque retrouvé.

Au final, malgré la dégradation de Chypre à Caa3 par Moody’s (negative outlook; le pays est donc considéré comme en défaut par l’agence) et la nécessité d’un plan de sauvetage européen de EUR 20bn (un peu comme ce qui avait été fait pour l’Irlande, le Portugal et bien-sûr la Grèce), le consensus estime le risque de contagion vers les autres pays périphériques comme très faible au vu des mouvements de taux qui vont plutôt dans le bon sens. Nous allons donc peut-être retrouver du calme et de la stabilité en Europe…mais quid de la croissance et des difficultés sociales allant de pair avec un climat économique dégradé ? Il va falloir attendre un peu plus longtemps, mais la base semble s’assainir.

Un autre exemple: l’appréciation très forte de l’euro ces derniers jours par rapport au dollar, malgré des perspectives 2013 qui restent moroses et une année 2012 quasiment catastrophique pour les économies du continent. La parité EUR/USD à 1.3341 à l’heure de parution, au plus haut depuis le mois de mars 2012 grâce à une demande d’euro très solide. On peut s’interroger toutefois sur les effets de ce niveau fort qui, s’il va permettre de relativiser le coût des énergies fossiles, peut jouer en défaveur des exportations hors zone-euro.

Mais le chemin est encore long vers une croissance plus soutenue dans la zone, comme le souligne Olli Rehn (commissaire européen) qui prône une réduction des dépenses et une poursuite des réformes de compétitivité en France. Quant à nous, bien qu’étant libéraux, nous sommes plutôt de l’avis de laisser un peu plus de temps aux économies fragilisées pour se réformer, tout en continuant à faire la chasse aux dépenses inefficaces et aux gaspillages. La gouvernance de l’UE doit aussi montrer l’exemple et aller vers plus d’intégration et une meilleure allocation des ressources tout en expliquant les bénéfices des politiques de Bruxelles au peuple Européen. Par contre, pour le cas particulier de la France, nous nous rangeons totalement derrière la préconisation de la cour des comptes aujourd’hui de réduire la dépense publique qui est aujourd’hui la seule variable d’ajustement sur le budget du pays étant donné que nous sommes à un niveau déjà trop important de fiscalité.

Du côté des indices actions, Wall Street est en léger recul avant la mi séance, en raison des craintes suscitées par l’accélération de l’inflation en Chine et des indicateurs de production industrielle assez décevant au Royaume-Uni est en Espagne. Enfin, les chiffres du déficit commercial US pour le mois de novembre 2012 sont mauvais et chacun sait que la balance commerciale affecte le PIB. Le DAX est légèrement en hausse à +0.12% et 7,717 points, tandis que le FTSE repart de 0.26% à 6,117 points.

Paris tend à se stabiliser avec un léger gain en fin de séance juste au-dessus des 3,700 points et marque une pause après les plus hauts de ces derniers jours. La bonne résistance des 3,700 nous fait encore dire que la dynamique haussière est bien réelle, mais il faut laisser un peu de temps au marché pour se reprendre…et surveiller les indicateurs économiques avancés. Les volumes tendent à progresser, le RSI n’est plus suracheté, nous réitérons notre objectif des 3,800 points sous une dizaine de jours.

Du côté des valeurs, les hausses notables sont chez EADS suite à une belle commande de Singapour Airlines, CapGemini poussé par les bons résultats de son peer indien Infosys et Faurecia qui jouit d’une recommandation de Goldman Sachs. Pour les baisses, Michelin est en repli (dégradation de Goldman Sachs), de même qu’EDF.

Pour finir, nous vous souhaitons une belle année 2013 avec une actualité économique et financière toujours plus prenante et une bonne santé financière (ou non) !

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