Avant l’élection de François Hollande, certains professionnels de la finance laissaient présager que l’arrivée du parti socialiste aux plus hautes fonctions de l’état, du jamais vu depuis 17 ans, pourrait conduire à une forte hémorragie de financiers qui chercheraient à trouver refuge à l’étranger, notamment à Londres où la communauté française dans la ville compterait plus de 120,000 personnes à fin 2011 (selon les données officielles du Ministère des Affaires Etrangères), en sachant que d’autres sources évoquent plutôt l’estimation suivante : entre 300,000 et 400,000 français seraient à Londres. Il est en effet difficile de calculer précisément ce chiffre étant donné la facilité de rejoindre le Royaume-Uni avec une simple carte d’identité de la communauté européenne. Certains ont même déjà avancé des chiffres : près de 100,000 nouveaux français pourraient être amenés à s’installer dans le Grand Londres, une majorité de ces nouveaux arrivants exerçant dans le secteur de la finance.

Une étude d’e-financial careers, site Internet spécialisé dans les métiers de la finance, arrive donc à point nommé. Selon cette enquête, près d’un répondant sur quatre (24%) seulement se déclare satisfait de l’élection de François Hollande à la présidence de la république. Par contre, l’immense majorité des professionnels de la finance interrogés, soit 65%, se déclarent clairement insatisfaits. 11% se déclarent sans avis. Ces chiffres ne représentent certes pas une surprise. Mais les raisons qui ont poussé à se déclarer satisfait ou insatisfait sont plus intéressantes. En effet, pour près d’un professionnel sur deux (47%), l’insatisfaction vient de doutes sur la capacité du président fraîchement élu de répondre à la crise européenne et à ses enjeux. Un nombre non négligeable de répondants évoque aussi des doutes sur les capacités de FH à redresser le pays et à faire face aux défis concernant la conjoncture économique française, morose depuis maintenant 5 ans. Seulement 11% des répondants font reposer leur insatisfaction sur la politique fiscale plus dure défendue par Hollande, quand seulement 1% lui reprochent l’idée de la taxe sur les transactions financières.

Plus d’un tiers des répondants envisagent de quitter le pays.

36% des professionnels interrogés dans le cadre de cette étude envisagent de quitter la France suite à l’élection de François Hollande. Certes, c’est un chiffre qui peut être gonflé par la déception suivant l’élection du candidat socialiste. Cependant, ce niveau donne à réfléchir. La perte d’un tiers des professionnels de la finance ferait courir des risques au pays, risques de deux sortes principalement : 1/ de possibles risques sur la croissance car une déperdition de professionnels expérimentés pourrait conduire des institutions financières à relocaliser un certain nombre d’activités hors de France ; 2/ un tiers des financiers qui s’expatrieraient signifierait un certain montant de recettes fiscales en moins pour le pays, car on peut estimer qu’un certain nombre de postes ne seraient pas remplacés et surtout que des profils junior, gagnant moins donc payant moins d’impôts, seraient privilégiés pour les remplacements.

42% des répondants n’envisagent pourtant pas de quitter le pays, quand 22% sont encore hésitants.

Les motivations de ceux qui comptent partir sont variées, de la recherche de meilleures opportunités de carrières pour 35% des répondants, aux meilleurs perspectives économiques pour 31%, en passant par une politique plus favorable au secteur financier (19%) ou à des taux d’imposition plus favorables (9%). Les destinations plébiscitées sont la Suisse pour 28%, le Royaume-Uni pour 17%, le Luxembourg pour 11%, suivis par Hong-Kong pour 7% ainsi que l’Allemagne et Singapour tous deux à 6%.

Une étude qui laisse songeur donc, aux conséquences qui pourraient être variées mais nous ne le saurons que d’ici la fin de l’année.

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