Malgré l’élection du prétendant socialiste hier à la présidence de la République, les marchés européens ont globalement bien résisté, avec un CAC qui clôture à +1.65% en fin de journée et qui repart du bon pied en glanant 52.25 points à 3,215.22 points. Milan était en hausse de 2.56%, Madrid de 2.72%, dopés par les lumières d’une possible mais coûteuse relance économique. Francfort a clôturé plus stable à +0.12% seulement. Certes, certains investisseurs ne sont pas encore présents (la bourse de Londres étant fermée ce lundi) et nous ne pouvons encore nous permettre de formuler des conclusions hâtives, mais le marché, comme attendu, semble avoir déjà bien pricé la victoire de Hollande, certes bien moins fulgurante qu’annoncée mais victoire tout de même, face à Nicolas Sarkozy.

Pourtant, tout est encore loin d’être apaisé. Le nouveau président n’est pas encore investi. Aucune mesure n’est prise. L’élection relève encore pour le moment du virtuel.

De plus, un certain nombre de risques demeurent et non des moindres : si Angela Merkel semble indiquer sa volonté de coopérer avec FH (elle déclare souhaiter l’accueillir « à bras ouverts » et accepte de parler d’un pacte de croissance), elle indique aussi ne pas vouloir renégocier le pacte de stabilité budgétaire déjà signé par 25 pays membres sur 27. Au contraire, Merkel ne veut pas entendre parler d’une relance par les déficits mais plutôt d’une maîtrise des dépenses via des réformes structurelles (A. Merkel a également déclaré, à juste titre, que si chaque élection donne lieu à une renégociation, l’Europe ne fonctionne plus). Egalement, les élections en Grèce suscitent de l’inquiétude, avec une poussée des partis extrémistes pouvant poser la question de l’avenir du pays dans la zone euro et de son anecdotique rétablissement (la bourse d’Athènes clôture au moment où nous rédigeons à -6.6%). C’est aussi aujourd’hui que Standard & Poor’s a choisi pour maintenir la pression sur la France, même si sa déclaration mentionne que l’élection n’aura pas d’impact « immédiat » sur la note souveraine accordée au pays…mais cette déclaration a plutôt pour objectif de rappeler aux futurs dirigeants que la France est toujours dans le colimateur des marchés et qu’au moindre faux pas, ce sera la sanction. Probablement cuisante.

Non, simplement, ce qu’il faut probablement voir en ce début de semaine, c’est une petite vague d’achat à bon compte. Les capitalisations sont faibles et comme nous l’avons déjà rappelé, les actions de certains secteurs sont clairement à bas prix. Ce n’est donc plutôt qu’un rattrapage par rapport à la baisse de 1.90% subie vendredi.

Pour l’instant, aucune turbulence n’est à déplorer sur le taux de l’OAT française, toujours sous 3% et qui s’est même légèrement détendue et tombe à 2.65%, un taux très faible, après une adjudication de 8 milliards d’euros dans l’après midi, pour des maturités court terme. On observe d’ailleurs une légère détente ailleurs en Europe, comme si le marché avait préféré rester philosophe et serein en ce 7 mai.

Le risque demeure encore et toujours du côté de la Grèce avec maintenant les partis opposés à la politique d’austérité qui sont en passe de détenir la moitié des sièges à l’assemblée, ce qui posera des problèmes pour constituer un gouvernement et une majorité stable. Et une majorité stable qui contrôle les déficits, c’est malheureusement la condition sine qua non pour que la Grèce continue à recevoir l’aide financière de la Troïka. Crédit Agricole (de par l’exposition à la Grèce via la filiale Emporiki) subit d’ailleurs les conséquences de ces risques, avec un titre qui plonge de plus de 2.3% à 3.56 EUR, un niveau inédit.

C’est plutôt du côté de l’Amérique du Nord qu’émanent les bonnes nouvelles, comme depuis des semaines. En effet, en cette période de fragilité de la reprise, les 500 plus grandes entreprises américaines ont publié des bénéfices record pour 2011 (numéro 1 : Exxon Mobil avec un chiffre d’affaires de plus de 450 milliards de dollars, devant Wallmart). Les indices américains restent toutefois aujourd’hui proches de l’équilibre, inquiétés par les nouvelles européennes.

Côté valeurs sur le CAC 40, le top 5 est dominé par Unibail Rodamco (+ 4.23%), BNP Paribas (+ 4.21%), Peugeot qui rebondit et s’adjuge 4.14%), Lafarge (+ 4.03%) et Société Générale (+ 4.02%).

En bref, les marchés sont pour le moment clairement attentistes. Aucune tendance ne se dégage à court terme et il va falloir à la fois scruter la situation en Grèce et mieux comprendre le style du nouveau paysage politique français ainsi que des mesures qui seront prises. L’horizon reste donc court terme mais il est possible que des opportunités sur le forex et notamment la parité EUR/USD se profilent. Les bancaires doivent aussi être surveillées ainsi que les valeurs liées au secteur de l’énergie (notamment nucléaire), fort dépendantes des gestes politiques qui pourraient être faits.

Ci-dessous, la tendance du CAC 40 en ce lundi 7 mai, qui clôture en hausse après une matinée mouvementée.

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