Le CAC 40 a subi fin mai une correction qui se prolonge avec la rupture de la tendance haussière qui avait duré plus d’un mois et avait ramené l’indice sur ses plus hauts niveaux de 2 ans, aux environs des 4,050 points. Comme prévu, le CAC 40 a buté sur cette résistance suivant un double top et est retombé sous le seuil psychologique des 4,000 points non sans avoir résisté aux abords de ce qui était devenu une sorte de support.

La pression de la conjoncture économique aura été trop forte, avec les marchés actions principalement dopés par les politiques très accommodantes des banques centrales ainsi que par une certaine réallocation d’actifs des obligations souveraines vers les actions en raison de perspectives de rendement bien meilleures (on a d’ailleurs observé une légère remontée de la plupart des taux + resserrement des spreads en Europe).

En ce qui concerne l’analyse technique, nous nous situons actuellement dans une correction qui n’est pas encore une véritable tendance baissière étant donnée la volatilité assez marquée et un maintien sur des niveaux corrects. Le support des 3,880 points joue pour le moment son rôle. En cas de débordement par la baisse, le prochain objectif est le dernier cours pivot légèrement sous les 3,800 points, puis 3,700 points et 3,610 points qui constitue le support majeur.

Les indicateurs techniques penchent plutôt pour un stop sur la baisse, avec un signal d’achat sur Bollinger ainsi que sur le RSI très faible, à ses plus bas niveaux de 6 mois et ce qui pourrait être un point de compression. Le MACD est en revanche en terrain négatif. Prudence donc. En cas de rebond confirmé, un retour sous les 4,000 points est envisageable sauf nouvel élément majeur.

Pour l’heure, l’indice évolue à un niveau de 3,864 points et une clôture à -0.21% au terme d’une séance assez terne. Chez les voisins, le DAX finit en territoire positif (+0.81% à 8,321 points), le FTSE est stable (+0.01% à 6,412 points). Bonne nouvelle en provenance d’Asie sur le Nikkei avec un indice qui retrouve quelque peu des couleurs après de grosses corrections (rebond technique +4.94% à 13,514 points).

 

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Des éléments fondamentaux, en revanche, pourraient limiter la progression, notamment des éléments strictement français, comme des perspectives très moroses selon l’OCDE avec la France qui semblerait ne pouvoir profiter de l’amélioration conjoncturelle observable dans la plupart des pays développés, selon l’organisation. Deux sons de cloches différents se font entendre : d’une part Natixis qui estime que les problèmes de la France « ne sont pas en train de se régler, au contraire » et insiste même sur la possibilité d’une nouvelle crise souveraine en Europe pour ne rien arranger, et Crédit Suisse qui relativise en insistant sur les réformes en cours et la solidité du pays sur le plan international.

Bonne nouvelle en revanche du côté des USA avec un relèvement de perspective pour la note souveraine par S&P (AA+ de négatif à stable), ainsi qu’une très légère remontée du chômage (7.6% vs. 7.5%) couplé à des chiffres de l’emploi US sans grande saveur…un signe encourageant au final, car éloignant les perspectives de voir la Fed réduire son QE-3, ce que personne ne souhaite. Egalement du côté de l’Europe avec un indicateur conjoncturel avancé (indice Sentix à -11.6 en juin contre -15.6 en mai) meilleur que prévu bien que toujours négatif, des éléments stabilisants sont à prendre en compte.

En Chine, un regain d’inquiétude sur la solidité de la croissance est aussi à signaler.

A plus long terme (et on peut déjà le sentir dans les discours de Bernanke ou de Draghi), si les perspectives continuent à indiquer une stabilisation dans la croissance américaine et une légère amélioration de la conjoncture en Europe, les taux directeurs seront probablement remontés graduellement et les rachats de dette faibliront : les perfusions alimentant les marchés depuis des mois seront donc amenées à se tarir et ce sera le défi majeur…que les cours reposent à nouveaux sur des fondamentaux solides et non simplement sur des politiques de soutien.

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