Un cours représente les fluctuations d’un titre, d’un indice, d’un taux, d’une parité, d’une commodité sur une période. Mais quelles sont les différentes composantes qui peuvent se lire et se refléter dans les cours ?

Cet article a pour but d’apporter une courte réflexion sur ce point.

Les marchés financiers permettent de confronter l’offre et la demande, ce qui permet de déterminer le prix des instruments. Ainsi, classiquement, si la demande est supérieure à l’offre, les cours montent et inversement.

Le consensus suggère ainsi qu’il existe 3 grandes composantes dans les cours (source : AMF) :

–          les performances de l’actif sous-jacent

–          les facteurs économiques généraux

–          les facteurs psychologiques

>>> Les performances de l’actif sous-jacent

Le cours d’une action dépend d’abord des bénéfices futurs de l’entreprise. Le cours d’une obligation dépend du niveau général des taux d’intérêt et du risque de défaillance propre à l’entreprise. Ainsi, selon l’actif concerné, c’est essentiellement l’idée que l’investisseur potentiel se fait des plus ou moins values futures et des tombées de coupons d’intérêts et dividendes qui détermine le prix qu’il est prêt à payer.

>>> Les facteurs économiques

La croissance économique a un effet positif sur la plupart des cours. La croissance économique désigne l’augmentation de la production de biens et de services dans une économie sur une période donnée, qui est généralement une période longue. La hausse des taux d’intérêt a souvent un effet négatif sur les marchés. En effet, elle entraîne une hausse du coût du crédit et gêne donc le développement des entreprises. Les variations des prix de matières premières ont des effets différents selon les acteurs. En effet une hausse des prix d’une matière première touche positivement le secteur de l’exploitation qui voit ses prix de vente croître sans que son coût d’extraction ne varie. Elle impacte négativement tous les utilisateurs qui voient le prix d’achat de la ressource augmenter sans que, concurrence oblige, ils ne puissent modifier significativement leurs prix de vente, une fois la matière première transformée.

Exemple : La hausse des cours du pétrole et du gaz a un effet favorable sur les sociétés pétrolières et surtout para-pétrolières (prospection, extraction, transport, stockage). Elle a un effet défavorable sur les sociétés de transport (compagnies aériennes, transports routiers).

>>> Les facteurs psychologiques

Les intervenants sur les marchés financiers se comportent parfois selon des critères non rationnels. Ils suivent des modes, ou sont entraînés dans des phénomènes mimétiques. Par exemple, la croyance au succès des sociétés Internet a provoqué une bulle spéculative au début des années 2000. A cette période, les analystes écrivaient des recommandations positives sur les sociétés cotées intervenant dans le domaine de l’internet et tout le monde suivait ces recommandations, ce qui faisait augmenter encore les cours. Les comportements moutonniers amplifient une hausse ou une baisse au-delà du raisonnable.

Ainsi, quand il y a des rumeurs de mauvaises nouvelles sur les marchés, comme sur la situation économique difficile d’un secteur industriel, les ventes des instruments financiers de ce secteur affluent, ce qui accentue encore plus la baisse.

La finance comportementale étudie la manière dont les comportements individuels et collectifs influencent les cours de bourse. Elle tend à indiquer que la plupart des investisseurs, contrairement aux hypothèses formulées par les grandes théories (comme le CAPM par exemple), ne sont pas rationnels et prennent le plus souvent des décisions qui ne correspondent pas à leur utilité rationnelle (le plus souvent lors de situations impliquant du risque et de l’incertitude). En effet, nombreux sont les investisseurs qui présentent une aversion au risque importante . Dans les faits, un gain de 100 € ne suffira pas à compenser une possible perte de 100 € dans l’esprit de l’investisseur. De la même manière, celui-ci sera donc plus prompt à réagir négativement à une mauvaise nouvelle que positivement à une bonne nouvelle .

Les évènements comme les bulles spéculatives, les évolutions à l’inverse du consensus, les mispricings, tendent tous à souligner que les marchés présentent une appréciation variable de l’efficience, voire qu’ils sont irrationnels.

Face à l’information, il sera donc important de rester critique. Une information positive ne voudra pas forcément dire que le marché sera à la hausse, comme une information négative ne signifiera pas obligatoirement une correction. Le marché peut déjà avoir intégré et anticipé l’information, comme il peut considérer que celle-ci n’est pas suffisamment forte pour inverser une tendance, ou les opérateurs peuvent également estimer que la nouvelle n’est pas assez bonne ou mauvaise pour avoir un effet sur un marché extrêmement baissier ou haussier. De plus, certains comportements peuvent expliquer des anomalies de prix sur les marchés, comme par exemple les erreurs cognitives individuelles, les erreurs cognitives collectives (qui affectent le marché dans son intégralité), les émotions individuelles et les mouvements collectifs (hystéries et émotions collectives, psychologie sociale).

Le tableau suivant tente de montrer les réactions différentes que peuvent avoir les opérateurs en fonction de la teneur d’une nouvelle et de la tendance du marché :

Il convient donc de toujours bien avoir à l’esprit que les évolutions du marché ne sont pas purement rationnelles, de même qu’un consensus ne sera pas forcément suivi d’effets. Le degré d’efficience des marchés financiers fait toujours l’objet d’importants débats, de même que le combat analyse technique – analyse fondamentale reste costaud, il convient donc de rester modéré, attentif et prudent lorsqu’on intervient directement sur les marchés.

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