Après l’engouement suscité par les accords du sommet européen vendredi dernier, ainsi que les espoirs d’une politique accommodante des banques centrales alors que l’économie mondiale tend à se dégrader à nouveau, nous sommes de retour pour faire un point sur les marchés en ce 3 juillet.

Malgré la revue à la baisse (plus que logique) des prévisions de croissance pour la France par le gouvernement Ayrault (respectivement à +0.3% en 2012 et à +1.2% en 2013), le CAC affiche un solide enthousiasme surtout visible à la fin de la journée grâce à des statistiques américaines (merci à eux encore une fois) intéressantes (+0.7% de commandes industrielles en mai notamment). L’indice français clôture donc à +0.96% à 3,271.20 points, s’inscrivant en terrain positif entre le DAX et le FTSE (+0.83% et +1.26%). Les indices US affichent aussi un beau moral en début de journée outre-atlantique. Le gain cumulé après trois séances de hausse est de +6.8%, ce qui correspond à la hausse la plus spectaculaire depuis octobre 2011 et nous voulons croire que ceci indique de manière claire que les acheteurs sont loin d’être rassasiés et restent attentifs à toute nouvelle pouvant juguler la tendance baissière présente depuis mi-mars. Aucun élément vraiment concret ne sous-tend l’optimisme excepté si l’on peut dire l’espoir d’un abaissement des taux directeurs de la BCE à 0.75% ce jeudi contre 1% actuellement. Le MES quant à lui, fameux mécanisme de stabilité européen, a suscité beaucoup d’espoir vendredi et est un joli signe de fédéralisme mais il n’a pas encore été ratifié par les 16 pays européens dont la devise est l’euro. Des désaccords subsistent encore au sujet des rachats de dette souveraine sur le marché secondaire par le MES, ce qui pourrait apaiser les tensions sur les taux espagnols et italiens (notamment en Finlande et aux Pays-Bas). Cependant, les dirigeants européens, encore au pied du mur, ont semble-t-il pris conscience du fait qu’il est primordial et même vital de penser long-terme et de clarifier ce que nous voulons faire avec l’UE (fédéralisme, union bancaire, union fiscale, eurobonds…).

Ainsi, le CAC a maintenant comblé la moitié de la distance entre son plus haut proche de 3,600 points mi-mars et son plus bas autour de 2,950 points début juin. Tout cela en trois séances.

Au niveau des titres, Technicolor bondit de plus de 7% après avoir bouclé la cession de sa division de services diffuseurs de contenu à l’équipementier télécoms suédois Ericsson.
Air France-KLM s’octroie une progression de 4%. Selon le Figaro, la compagnie prévoit de s’associer à Etihad Airways au cours de l’automne prochain au sein d’une entreprise conjointe.
Peugeot avance de 3%. Selon les Echos, le constructeur pourrait supprimer en France de 8000 à 10.000 emplois, un chiffre nettement supérieur aux 4.000 suppressions de poste dévoilées en novembre 2011.
Arkema prend 3,8% après avoir finalisé la cession de son pôle de produits vinyliques au groupe Klesch, dans le cadre de sa stratégie de recentrage sur la chimie de spécialités.
Suez Environnement cède 0,9%, alors que HSBC a dégradé sa recommandation sur le titre de ‘surpondérer’ à ‘neutre’ avec un objectif de cours ramené de 12 à 9,5 euros, en raison d’un abaissement des résultats et des multiples de valorisation.
Bouygues cède -1,5% alors que la direction de Bouygues Telecom va présenter selon Les Echos, cet après-midi, devant le comité central d’entreprise, un ‘plan de départs volontaires concernant plusieurs centaines de salariés’.
La filiale de téléphonie mobile souffre de la concurrence accrue par l’arrivée de Free Mobile en janvier.
EDF reste lanterne rouge du CAC40 avec un repli de -2,1%, devant Vinci, BNP-Paribas, Sté Générale et Vinci qui cèdent -2,05%. Source des données valeurs : cercle finance.

Les prévisions

 

Source du graphe : Bloomberg markets.

Dans un contexte de volume d’échanges plutôt modéré sur les dernières séances, avec des gaps importants et une actualité volatile, le CAC rebondit et s’inscrit dans la zone des 3,250 points, légèrement au dessus du cours pivot de 6 mois, touchant une première résistance importante. La journée de demain sera primordiale pour tester le possible nouveau support, de même que la décision de la BCE jeudi pour le taux directeur. A noter que le RSI se rapproche des 70 ce qui pourrait indiquer un niveau suracheté. Le MACD est plus brouillon, mais la ligne de signal est franchie de même que la ligne zéro à un moment où les moyennes mobiles tendent à se croiser ce qui pourrait laisser figurer un rebond toujours d’actualité.

Conseil : le marché a des envies acheteuses grâce à de bonnes anticipations et un sommet européen qui repousse les problèmes malgré un contexte économique toujours peu propice aux affaires. Les deux journées qui arrivent pourraient dégager des opportunités à l’achat. A noter que Peugeot a réalisé une belle progression après l’annonce de nombreuses suppressions de postes. Le titre reste faiblement valorisé et le potentiel reste présent. Crédit Agricole, avec la cession probablement à venir d’Emporiki et de Cheuvreux (plus hypothétique), pourrait revenir dans le panier des acheteurs.

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