+5.74% à la clôture. LA PALME ! Une des progressions les plus impressionnantes du CAC 40 depuis des mois (je me souviens en particulier d’un +9.32 % au premier semestre 2010). N’empêche qu’on ne voit pas souvent de tels chiffres.
Alors, qu’en penser ?
Toute la journée ne fut qu’une longue agitation sur les marchés, les opérateurs évacuant leur trop plein d’émotions, de retenue et de décrépitude de ces dernières semaines par un incroyable sentiment d’optimisme quant aux marchés actions.
Cet optimisme est relayé par les espoirs d’une avancée significative pour le FESF (vous savez, notre fameux – parfois fumeux, pour ceux qui aiment les mauvais jeux de mots – Fonds Européen de Stabilité Financière). Lundi prochain en effet, des déclarations annoncent que les ministres des finances de la zone Euro ainsi que les principaux responsables de la mise en place de ce fonds se préparent à discuter sérieusement d’accroître déjà les capacités du FESF. C’était à cela, entre autres, qu’avait appelé T. Geithner lors de son passage en Europe (on aurait donc un fonds un peu sur le modèle de la Fed, ce que pour l’instant se refusent à faire les Allemands). En tous les cas, l’objectif du fonds serait de racheter de la dette souveraine Européenne de pays tels que la Grèce, l’Irlande, le Portugal… D’aucuns évoquent déjà une « bad bank » qui aurait un rôle de collecte de dette dont personne ne voudrait autrement. Bref, la bonne nouvelle, c’est que cela rassure les opérateurs qui ont aujourd’hui tapé à nouveau les 3,000 points et qui semblaient s’être fixé cet objectif après la mi-journée et l’ouverture de Wall Street à 15h30 heure de Paris.
D’autre part, les planchers de valorisation pour la plupart des actions Européennes commencent à être extrêmement attractifs. La très sévère correction reçue par les indices de la zone euro durant l’été, peut-être un peu prématurée face aux conditions macro-économiques (qui n’ont rien de bon mais jusqu’à ce jour, pas de récession de 20% alors que le CAC, pour ne citer que lui, oui) pourrait avoir touché le fond ? Déjà ? Pourtant nous ne sommes pas encore au plus bas de la dernière crise.
La vérité est que les nouvelles du jour ont fait forcément la part belle aux valeurs financières, les bancaires étant aux premières loges. On ne peut leur en vouloir, une seule séance ne pouvant pas cacher les ravages de deux mois de baisse quasi continue.
Une journée au beau fixe donc, très peu de valeurs en baisse (pas une seule sur le SBF 120), des indices tirés par les banques pour une fois, un semblant de stabilité pour le futur européen qui se montre (un tout petit peu) moins sombre, l’euro qui rebondit logiquement après son plus bas, de grandes décisions à venir et une actualité des entreprises plutôt fournie, avec de belles progressions parmi les valeurs industrielles.
On a même eu droit à des chiffres du chômage moins terribles que prévus, un déficit de l’Etat français pas si déficitaire et une amélioration du moral des investisseurs aux USA. Même l’or accuse le coup, avec une once loin de ses plus haut (même si le reflux marque le pas aujourd’hui).

Bref, l’aversion au risque semble moins présente chez les opérateurs et on annonce déjà (un peu tôt) une forte décollecte à venir sur l’obligataire et les valeurs refuges. Ce n’est pas forcément faux, il est vrai que les valorisations actions sont très attractives. Mais le contexte reste incertain. Les décisions des européens vont peser de tous les poids dans la balance du + et du – pendant les prochains jours.
Les investisseurs ont placé de l’espoir dans les futurs accords, en ayant certes sur-réagi, mais il s’agirait de ne pas trop les décevoir. Ou notre rebond, au lieu de perdurer, risquera fort de retomber tel un immense soufflet retiré beaucoup trop tôt du four.

PROGRESSION DES INDICES CE JOUR :
CAC 40 : +5.74%
FTSE 100 : +4.02%
DAX 30 : +5.29%
NIKKEI 225 : +2.82%
S&P 500 : +0.85%
DOW JONES : +1.51%
NASDAQ : +1.18%

Ci-dessous, progression de l’indice CAC 40 dans la journée, toujours en positif et qui clôture sur son plus haut après un gap à l’ouverture, visible sur les bougies pour les deux jours de bourse.

Partager