Alors que le CAC 40 se rapproche de notre objectif des 3,800 réitéré plusieurs fois via nos réseaux (clôture ce jour = +0.69% et 3,778.16 points), la situation sur les marchés mondiaux semble pourtant devenir moins nette pour les haussiers malgré une bonne tendance dans toutes les zones. Certes notre opinion est toujours à la hausse sur la plupart des grands indices mais les nouvelles de ce début d’année ne sont pas toutes roses, loin s’en faut. Malgré des résultats d’entreprises plutôt de bonne facture pour la majorité d’entre eux, ainsi que des chiffres US globalement bons (on se souvient de la chute surprise des inscriptions au chômage hier) malgré quelques perturbateurs (indices de la Fed de Philadelphie et de Richmond notamment, ventes de logements neufs décevants en décembre ce qui a ralentit la tendance aujourd’hui), du côté de l’Europe nous sommes rattrapés par des nouvelles plutôt négatives que positives. Certes, l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne sorti aujourd’hui est très positif, c’est même une excellente surprise étant donné que le consensus attendait environ 103 et que l’on obtient 104.2 contre 102.4 en décembre 2012, au plus haut depuis juin dernier après un indice Zew déjà bon mardi (signification : l’optimisme est de retour concernant le climat des affaires outre-rhin). Mario Draghi a aussi réitété sa confiance dans une reprise de l’économie Européenne au cours du second semestre.

Du côté de la France et du Royaume-Uni, c’est nettement moins la fête. D’une part l’indice Markit PMI Flash a plongé pour la France en janvier (42.7 contre 44.6 en décembre, soulignant une contraction de l’activité notamment sur le segment des services avec le plus fort recul en 4 ans), mais le PIB du Royaume-Uni s’est aussi contracté de 0.3% au T4 2012 (après +0.9% au T3) ce qui marque un premier pas vers une troisième récession depuis la crise financière. On a donc des divergences toujours marquées entre les 3 plus grosses économies européennes. Au niveau du chômage, la France en est à son vingtième mois consécutif de hausse d’après les données définitives de décembre.

L’envie haussière, comme nous le disions plus haut, est toujours bien présente. Cependant la brève consolidation constatée ces derniers jours et la stagnation entre 3,700 et 3,760 points sur l’indice star français depuis près de deux semaines en dit long sur les hésitations des investisseurs. Même si les contraintes qui pesaient sur les pays périphériques de la zone euro se sont apaisées (l’Espagne vend maintenant très facilement son papier comme le prouvent les récentes adjudications avec une forte demande et des taux en baisse; les spreads de taux continuent leur ressèrement dans la zone euro), un certain attentisme prévaut et même si les fondamentaux semblent avoir été un peu oubliés ces derniers temps, une avalanche de données de mauvaise facture pourraient avoir raison de l’embellie haussière récemment constatée (sans parler du fiscal cliff avec des divergences de vue aux US ajournées mais non résolues). Dans ces conditions, nous ne pouvons qu’appeler à la prudence malgré des opportunités toujours bien réelles notamment en termes de valorisation. En France en particulier, où les marchés se sont montrés plus dynamique en ce début d’année par rapport à d’autres indices européens, les actions pourraient connaître une bonne revalorisation étant donné les faibles rendements sur les autres supports (obligataires mais aussi supports liquides). En cela, la baisse des taux des livrets sécurisés pourrait représenter une aubaine et entraîner un transfert vers des classes d’actifs certes plus risquées mais aussi nettement plus attractives en termes de rendements. L’assurance vie pourrait aussi faire son retour en 2013 malgré la perspective négative de Fitch sur le secteur, notamment sur les supports en unités de compte et diversifiés, ce qui servirait encore notre tendance.

Une rapide analyse technique sur le CAC 40 donnerait ceci (agrandissement au clic):

La perspective technique est toujours positive avec un écart des MM qui reste stable, un RSI qui se stabilise à un niveau hors du sur-achat malgré des volumes relativement faibles qui laissent penser à un essoufflement de la tendance et donc à une marge de progression plus réduite. L’opinion moyenne des gérants et analystes pour le CAC 40 ressort à 3,970 points à fin 2013, cela ressemble donc à nos perspectives plus modérées même si nous sommes plus optimistes sur les mouvements si l’actualité nous le permet. Nous identifions un cours pivot pour janvier à 3,735 points environ pour un support au dessus des 3,690 points et une résistance toujours identifiée sur les 3,780 pour le moment. Le canal haussier voit sa pente se réduire sur les 3 dernières semaines, à souligner pour des perspectives plus modérées à la hausse comme nous l’avons signalé. Enfin, le MACD est assez neutre mais en territoire haussier, à surveiller. A très court terme, identification d’un key reversal positif. Attendons le dépassement de la résistance court terme à 3,780 (passée légèrement aujourd’hui à plusieurs reprises mais représentant encore une belle limite) pour toucher les 3,800, prochain objectif à portée. Si retournement, nous anticipons un maintien de l’indice sur ses 3,700, guère moins. Probabilité toutefois moins forte qu’une continuation stable de la tendance plutôt haussière, assez validée par l’orientation des marchés aujourd’hui malgré la déception issue des logements US.

Nos valeurs à suivre :

1/ Malgré la volatilité possible, nous continuons à avoir une opinion positive sur les financières. Le rendement le plus intéressant devrait être sur SocGen, selon nous la moins valorisée. Un arbitrage vers une moindre volatilité mais aussi de moindres perspectives de rendement peut aussi se faire vers BNPP.  L’assurance ne présentera en revanche probablement pas de perspectives aussi nettes.

2/ Nous sommes positifs sur l’énergie, malgré un prix du pétrole qui devrait ne subir qu’une hausse modérée en 2013 grâce à l’autonomie retrouvée des USA depuis leurs forts investissements dans le schiste. Toutefois, la demande restera forte grâce aux émergents et notamment de bonnes perspectives de croissance pour la Chine. Au niveau des sous-secteurs, nous nous exposerons de préférence aux parapétrolières comme Technip. CGG Veritas sera aussi une valeur à suivre

3/ D’autres opportunités plus isolées : recommander le secteur auto ne serait pas une bonne chose. Toutefois, après l’immense correction de PSA en 2012 et les quelques progrès réalisés, il est possible d’avoir quelques bonnes nouvelles en 2013 sur la valorisation, grâce notamment à une exposition plus forte aux économies émergentes (mais pour une remontée viable des cours, Peugeot devra cesser de brûler sa trésorerie, le dossier reste donc assez spéculatif). Pour Renault aussi et malgré la pression médiatique au niveau des récentes suppressions de postes, son avance sur l’électrique pourrait servir quand on sait que les économies européennes ont prévu de continuer à investir très fortement pour la promotion des véhicules propres.  Toutefois les multiples indiquent une valorisation de Renault bien meilleure que PSA (et pour cause). Les valeurs allemandes sont également à suivre. Les équipementiers, qui travaillent avec plusieurs constructeurs, peuvent aussi représenter des opportunités intéressantes (Michelin, Valeo, Plastic Omnium).

4/ Le luxe bénéficie toujours d’un potentiel de croissance important en France. LVMH, la division luxe de PPR et Cointreau devraient enregistrer une croissance entre +5% et +10% en 2013 selon S&P. Malgré des profits plus modérés, le secteur du luxe surperformera clairement les autres biens de consommation qui seront limités dans leur croissance par la politique de rigueur et la progression du chômage dans le pays.

5/ Trois secteurs à délaisser à court terme : construction, télécoms, biens de consommation.

 On peut encore aussi citer, tous secteurs et marchés confondus, Google et Samsung qui représenteront encore des valeurs de qualité, probablement Amazon également. En France, Illiad sera aussi à suivre continuellement. Enfin, sur les matières premières, l’or et le café pourront être intéressants cette année.

Nous sommes joignables en privé ou via les réseaux sociaux pour échanger. Et vu qu’on a encore le droit, bonne année !

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