Ici ou ailleurs, on a pu lire l’expression d’un climat de défiance à l’égard du gouvernement actuel que ce soit au niveau de l’économie au sens large, de la performance et de la compétitivité de la France, ou encore en ce qui concerne directement le secteur des services financiers.

Un sondage (source : efinancialcareers) mené près de 6 mois après l’élection de François Hollande aux plus hautes responsabilités de l’Etat a interrogé un panel de 268 professionnels de la finance à propos de ce qu’ils ressentaient face aux nouvelles mesures de réglementation financière prises par le gouvernement. Sans surprise, les inquiétudes sont très fortes concernant la loi de finances rectificative 2012 mais aussi pour le projet de loi de finances 2013. Sans surprise également, 65% des professionnels de la finance n’étaient pas satisfaits de l’élection d’un socialiste à la tête de l’Etat. Mais qu’en est-il aujourd’hui, après un recul relatif ?

L’étude laisse transparaître des résultats assez clairs, même en tenant compte d’une marge d’erreur inhérente au fait que ce sondage a été réalisé sur une population réduite. 84% des financiers interrogés font preuve de sens commun en estimant que le monde de la finance doit participer au soutien des finances publiques. Mais c’est sur la méthode du gouvernement que le bât blesse. 67% des répondants estiment que la loi de finances rectificative aura des effets néfastes sur la finance en France (et sur l’économie), 40% des sondés évoquant leur préoccupation à propos de la fin de l’exonération des heures supplémentaires et 30% contestant l’utilité d’un impôt sur les dividendes. Toujours selon les sondés, les impacts négatifs les plus probables sur notre économie déjà sinistrée seraient une perte de compétitivité (38% des réponses), un report des investissements privés vers d’autres pays (34%) ou encore une destruction nette de postes (20%). Et que dire du projet de taxation à 45% des revenus supérieurs à 150k EUR par part (63% des personnes interrogées contre), qui pourrait entraîner la relocalisation des postes très compétitifs à l’étranger même si cette mesure ne toucherait qu’une proportion relativement faible des salariés. La mesure la plus impopulaire serait plutôt la taxation de l’intéressement et de la participation, qui pourrait démotiver les sociétés qui par conséquent n’alloueraient plus ce « petit plus » à leurs salariés…et les plus modestes seront les plus floués.

La moitié des financiers ayant répondu aux questions estime que leur poste est menacé par les mesures prises par le gouvernement, et deux financiers sur trois envisagent un départ à l’étranger (66%, soit le taux le plus élevé jamais enregistré dans un sondage auprès de cette population). Un souhait pensé tellement fort qu’il a été entendu par David Cameron en mai et Boris Johnson, le maire de Londres, plus récemment…  « Français, vous êtes les bienvenus ! ». Assurément, cela ne risque pas de tomber dans l’oreille d’une bande de sourds.

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