La nouvelle la plus importante du jour sur un plan franco français, c’était bien sûr ces précisions concernant la manière dont le gouvernement aurait choisi d’agir à propos du rapport remis hier par Louis Gallois au premier ministre. Hormis les mauvaises langues qui auraient dit que l’action du gouvernement aurait été facilitée par la prétendue sensibilité de gauche de Louis Gallois (il faut pourtant mentionner la collaboration de l’intéressé avec des gouvernements de gauche comme de droite) ainsi que ses compétences qui ne sont plus à énumérer qui le rendent légitime, l’opinion s’attendait pourtant à une inaction de la part de la majorité étant donné le recul pris récemment par le président avec ce rapport.

La bonne surprise donc est que la quasi-totalité des mesures devrait être appliquée, mis à part la recherche sur le gaz de schiste (nous appuyons toutefois l’effort de recherche et déplorons le manque d’ouverture de la majorité même sur le simple principe de tests). Il s’agit donc d’une bonne chose et nous soutenons les grandes lignes de ce rapport pour créer un choc de compétitivité dans notre pays. Pourtant, l’étalement des mesures jusqu’en 2015 ainsi que la timidité du gouvernement (il est vrai qu’il est difficile de changer de cap et que cela demande un vrai courage politique d’avouer une erreur à ses électeurs) nous fait dire que ce choc n’est encore clairement pas à la hauteur de celui attendu par le secteur privé. Nous souhaitons voir le gouvernement aller beaucoup plus loin dans le bon sens, grâce à des mesures plus fortes. Nous proposerions par exemple :

–          La TVA à 23% sauf alimentation et TVA précédemment minorée qui resterait à 20%, de façon à alléger encore les charges sociales pesant sur les sociétés et une division de ces gains à 50% entre l’entreprise et le salarié afin de soutenir le pouvoir d’achat des ménages;

–          Une véritable recherche sur le gaz de schiste dans le but d’aboutir à un processus propre si cela est possible;

–          Une flexibilisation mesurée des contrats de travail;

–          Des responsabilités plus étendues pour les régions concernant l’emploi et la recherche à un niveau local;

–          L’engagement de l’Etat de maintenir des crédits de recherche élevés vis a vis de tous les acteurs concernés;

–          La suppression du cadre des 35h pour une durée de contrat limitée à 40h et avec une possibilité de négociation intra entreprise;

–          Une diminution de la taxation du travail couplée à une hausse des impôts sur les successions et à l’engagement de toujours maintenir une taxation du capital au moins 10 points inférieure à celle du travail;

–          La suppression pure et simple de l’ISF.

De plus, si le principe de faire des économies reste acquis, la baisse des dépenses de 10 milliards sur deux ans est encore anecdotique. Il faut continuer à faire la chasse aux gaspillages par un audit complet des dépenses de l’Etat et des collectivités en mettant en exergue l’efficacité ou non des différentes catégories de dépenses. Nous réitérons notre souhait de voir les départements supprimés et intégrés dans les régions, la réduction du nombre de régions, la fusion des agglomérations sous une seule commune avec si nécessaire une division en arrondissements ce qui permettrait à la fois plus d’efficacité, des économies via les synergies et la suppression de dépenses doublon, un cadre fiscal plus clair et une politique de transports plus cohérente.
De plus, la lutte pour la compétitivité ne pourra réussir que dans un cadre européen. Une unification fiscale, bancaire, puis politique sera nécessaire tout en défendant un buy european act avec un taux d’IS qui pourrait être légèrement dégressif en fonction de la localisation de la production dans ou hors la zone euro.  Tel est notre opinion.

Les choses pourraient évoluer sous peu, nous resterons donc attentifs à toute nouvelle mesure qui irait dans le bon sens pour notre économie.

Côté marchés, l’œil était aujourd’hui rivé sur les USA, avec des échanges globalement faibles, les marchés restant prudents vis-à-vis de l’élection US en raison des sondages de plus en plus serrés. Si M. Romney l’emportait dans l’Ohio en effet, un retournement de situation pour les républicains serait possible même si pour le moment Obama a statistiquement bien plus de chances de remporter sa réélection. A l’heure où nous écrivons, les indices US sont plutôt à la hausse avec +0.6% pour le Nasdaq, +1.3% pour le Dow Jones et +1% pour le S&P 500. Une bonne orientation donc. Mais les volumes restent faibles et le resteront sans doute jusqu’à avoir une vision plus claire du résultat Obama/Romney à la sortie des urnes.

En Chine, la relève du pouvoir se prépare dans l’incertitude, la ligne politique de Pékin pouvant être amenée à changer à la faveur de la rotation du pouvoir. Enfin, la Grèce est toujours sans accord avec la Troïka pour le versement d’une nouvelle tranche d’aide, mais cela passe presque inaperçu. De nouvelles mesures d’austérité devraient être votées.

L’heure est pourtant plutôt au pessimisme, avec la dégradation des indices PMI de la zone euro confirmant que le continent s’enfonce dans la récession, tandis que l’économie espagnole s’affaiblit encore de même que celles de la France et de l’Italie et que le Portugal et la Grèce ont même demandé l’aide de la Banque Mondiale. Pourtant, les courbes ne montrent pour le moment pas de signes de grande faiblesse, avec le CAC qui clôture à +0.87% et 3,478.66 points, tandis que l’Allemagne termine sur une hausse de +0.7% et le FTSE à +0.8%. Les échanges sont dopés, en France, par les bancaires Crédit Agricole et Société Générale (+3.6% et +2.2%), suivis par Schneider, Saint Gobain et Accor en hausse de +1.5%. Remontée spectaculaire également d’Air France KLM (+5.2%), soutenue par HSBC qui émet un avis de surpondérer avec un objectif de cours de 8 EUR (le titre AF KLM cotant actuellement à 7.23 EUR). HSBC réduit aussi son objectif sur Danone de 58 à 55 euros, faisant céder 1.1% au titre dans les échanges du jour.

Ci-dessous, la tendance du CAC pour la journée :

 

Au niveau technique, étant donné le RSI neutre, la stochastique sans tendance claire, des MM stabilisées ainsi qu’un équilibre avec un recentrage au milieu des bandes de Bollinger, notre estimation à très court terme est stable. Nous tablons sur une baisse avec un retour sur les 3,400 points à assez court terme.

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