Enfin, c’est le cas de le dire. Après de nombreux espoirs, les mesures de la BCE (baisse du taux directeur de 1% à 0.75%) n’auront pas eu les effets escomptés la semaine dernière. C’est donc un CAC 40 qui termine aujourd’hui en hausse de 0.59% à 3,175.41 points, mettant un point d’honneur à stopper 4 séances consécutives de baisse qui l’avaient fait passer de plus de 3,270 points à environ 3,150 points. Les échanges ont été surtout modestes en volume, de l’ordre de 2.5 milliards d’euros. La confiance n’est en effet pas revenue. Surtout en Europe, comme on le voit à la parité EUR/USD où l’euro s’échange actuellement pour à peine plus de 1.2254 dollar. Cependant, après l’accord européen concernant l’aide de la zone aux banques espagnoles (intervenu dans la nuit), le marché a plutôt répondu favorablement. En effet, dès la fin de ce mois, l’UE devrait verser environ 30 milliards d’euros à l’Espagne afin de soutenir ses banques. De plus, en signe d’apaisement, les ministres des finances de l’eurozone ont également accepté de donner un délai supplémentaire d’un an (soit 2014 au lieu de 2013) pour que l’Espagne signe un budget en déficit de moins de 3% de son PIB. Ces deux mesures ont eu pour effet de calmer quelque peu l’incendie qui sévissait sur le pays, pour preuve les taux espagnols 10 ans qui se sont assez nettement détendus de 7% à 6.7%. Les opérateurs de marché et les analystes restent toutefois prudents. La crise est encore bien loin d’être résolue, d’autant plus que la cour constitutionnelle allemande examine actuellement plusieurs plaintes destinées à bloquer la ratification des dispositifs phares anticrise dans la zone euro, à savoir le mécanisme européen de stabilité (MES) et le pacte budgétaire signé récemment. Ce qui pourrait ralentir le processus de mise en place de ces outils (dans le pire des cas de plusieurs mois) en privant l’Europe de ces moyens de régulation et en laissant la possibilité à la crise de s’acharner et aux économies européennes de se rétracter encore. En effet, la politique allemande prévoit que même si le parlement a ratifié un projet, il faut encore qu’il soit déclaré constitutionnel et que le président y appose sa signature. En l’état donc, ces projets ne valent encore rien.

C’est donc cette prudence qui l’aura manifestement emporté et qui a tempéré la progression des indices européens, qui avaient montré plus de dynamisme pendant la journée (le CAC a dépassé les 3,200 points dans l’après-midi mais a aussi rebondi plusieurs fois sur les 3,175).

Il y a pourtant eu de bonnes nouvelles : l’Italie qui a enregistré un rebond de se production industrielle, de même que le Royaume-Uni pour le mois de mai, ce qui constitue des signes positifs après des mois de tassement. L’Espagne, en contrepartie de l’assouplissement de ses objectifs de réduction des déficits, a également annoncé un nouveau plan d’économies qui sera détaillé demain. Le FMI a appelé en effet le mois dernier à ce que le pays présente rapidement un nouveau plan de réformes clair et aussi cohérent que faire se peut… Allongement de la durée du travail des fonctionnaires, hausse de la TVA et augmentation des péages routiers devraient faire partie de ces mesures. Enfin, nouvelle plus difficile à interpréter, la validation par la Douma (une chambre du parlement de la Russie) de l’entrée du géant de l’Est dans l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), ce qui peut présenter des opportunités pour les entreprises occidentales de pénétrer un marché russe dynamique grâce à la baisse des droits de douanes, mais qui pourrait aussi peut-être (comme le craignent de nombreux parlementaires de l’opposition) pénaliser la Russie sur les industries pour lesquelles le pays n’est actuellement pas compétitif, notamment celles héritées du temps de l’Union Soviétique. La Russie était la dernière grande puissance manquante dans l’OMC. Du côté de la Grèce, le ministre des finances Y. Stournaras, a annoncé que le pays avait besoin d’environ 3 milliards d’euros pour redresser ses comptes et jouer le rôle d’un financement intermédiaire en attendant de recevoir la prochaine tranche d’aide. En outre, la Grèce ne devrait pas être capable de respecter les exigences de la Troïka concernant le respect des déficits, en raison de l’aggravation du ralentissement économique.

Toutefois, la publication des trimestriels a commencé aux USA, avec le classique Alcoa, géant de l’aluminium et toujours le plus prompt à publier, qui a dévoilé un chiffre d’affaires de meilleure qualité que prévu. L’ensemble des marchés prie pour que ce soit de bons augures…dans le cas contraire, la sanction serait inévitable et la preuve que la crise européenne touche les sociétés américaines serait faite. Preuve que le contexte économique prime encore plus que les résultats des entreprises : le décrochage des valeurs bancaires en fin de séance par rapport à la tendance générale et malgré une étude de S&P proclamant que le système bancaire français était l’un des plus sûrs au monde. Ci-dessous, l’exemple de Crédit Agricole SA :

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