Pour évaluer le coût d’un stock, pouvoir le répartir dans les charges et définir la part de ce coût qui sera ventilée entre le coût des ventes (achats) et la valeur des stocks dans le bilan, il faut définir la manière dont le stock est évalué et les coûts qui lui incombent.

On dénombre 3 voire 4 grandes méthodes. Chaque méthode a ses spécificités : certaines méthodes vont créer des charges plus élevées, d’autres une valeur estimée de stock plus grande. C’est pour cela qu’il est très important de connaître et de comprendre la méthode utilisée pour la valorisation des stocks d’une société dans le cadre d’une analyse. Il est aussi à noter qu’une entreprise est censée utiliser la même méthode de valorisation de ses stocks à chaque exercice de manière à avoir une présentation homogène. Dans le cas contraire, il serait facile, en changeant de méthode, de manipuler la présentation des comptes en faisant ressortir des charges plus ou moins élevée d’une année sur l’autre.

Les méthodes communément admises sont les suivantes :

–          La méthode du FIFO (first in, first out) : cette méthode fait l’hypothèse que les produits ou matières achetés ou fabriqués en premier seront également vendus en premier. C’est pourquoi cette méthode, en français, prend aussi le nom de PEPS (premier entré, premier sorti). Ce sont les produits ou matières les plus récents qui restent en stock tandis que les anciens sont comptabilisés en charges au fur et à mesure que les produits qu’ils ont servi à fabriquer sont vendus. Ces charges reflètent donc le coût du stock de départ ainsi que les produits ou matières achetés le plus tôt dans l’exercice. Lors d’un exercice où les coûts de matières premières sont en hausse, on aura donc mécaniquement des charges qui seront « sous-évaluées » et un stock final plus élevé. Dans le cas où les prix des matières premières sont en baisse ce sera l’inverse, le coût des ventes sera « surévalué » par rapport au coût moyen sur la période tandis que la valeur du stock final sera minimisée. La méthode du FIFO est une méthode très répandue, conforme aux normes IFRS.

–          La méthode du LIFO (last in, first out) : c’est le contraire du FIFO (DEPS, dernier entré, premier sorti), ici on fait l’hypothèse que les derniers achats sont les premiers à être comptabilisés dans le coût des ventes. Les matières premières ou produits les plus récemment commandés seront donc venus en premier tandis que les achats plus anciens (stock de départ inclus) resteront dans le stock final. Ainsi, les charges comptabilisées reflètent le prix des produits et matières les plus récemment achetés tandis que le stock comptabilise les plus anciens. On a un effet inverse par rapport au FIFO : lors des périodes où les prix des matières premières achetées sont en hausse, on retrouve un coût des ventes élevé tandis que les stocks ont une valeur moindre, et vice-versa. A noter que la méthode du FIFO est autorisée pour les comptes aux normes US GAAP (US Generally Accepted Accounting Principles) mais pas en IFRS.

–          La méthode du coût moyen pondéré (CMP) : aussi appelée WAC (weighted Average Cost) dans les pays anglo-saxons, cette méthode est généralement acceptée partout de par sa simplicité. Le coût moyen qui sera affecté à la fois au stock final et au coût des ventes consiste en une moyenne simple qui est calculée par rapport au coût du stock de départ + tous les achats sur la période. Sur un exercice, on calcule ce coût moyen par unité en divisant le coût total des stocks + achats par le nombre total d’unités vendues pendant l’exercice en question.

–          La méthode spécifique (Specific Identification Method) : cette méthode ne nécessite pas de calcul particulier, elle est uniquement utilisée pour le cas de produits ou matières qui ne sont pas interchangeables et qui peuvent être associés très clairement à un produit vendu. Cette méthode s’utilise pour des biens qui sont facilement identifiables. Cette méthode est la plus juste car elle reflète le coût exact d’un bien, en faisant correspondre le coût précis de ce bien en charges. Les charges des biens qui sont vendus sont précisément connues, tandis que pour les invendus, on sait précisément la valeur des stocks. Cela suppose des inventaires clairs mais cette méthode présente le grand avantage de faire correspondre exactement le flux physiques des ventes avec la valeur des biens vendus et le stock final.

EXEMPLE :

Une entreprise X, sur un exercice, a acheté 10,000 kilos de la matière Y pour 11 euros le kilo, ensuite une seconde commande de 20,000 kilos de la matière est faite pour 10 euros le kilo, puis une troisième commande à la fin de l’année pour cette fois 30,000 kilos à 9 euros le kilo. Durant cet exercice, la société a vendu 52,000 kilos du produit Z fait à partir de Y pour 24 euros le kilo. Les matières utilisées provenaient tout d’abord de la première commande qui a été utilisée en entier (10,000), ensuite 18,000 kilos ont été utilisés sur la seconde commande et 24,000 pour la troisième.

Voici comment sont splités les coûts entre charges et stock, selon les 4 méthodes :

–          Méthode du FIFO :

Ventes : 52,000 x 24 euros = 124,800 euros

Coût des ventes à comptabiliser en charges : (10,000 x 11) + (20,000 x 10) + (22,000 x 9) = 50,800 euros

Marge brute : 124,800 – 50,800 = 74,000 euros

Stock final : 8,000 * 9 = 7,200 euros

–          Méthode du LIFO :

Ventes : 52,000 x 24 euros = 124,800 euros

Coût des ventes à comptabiliser en charges : (2,000 x 11) + (20,000 x 10) + (30,000 x 9) = 49,200 euros

Marge brute : 124,800 – 49,200 = 75,600 euros

Stock final : 8,000 * 11 = 8,800 euros

–          Méthode du coût moyen : Il y a eu 10,000 + 18,000 + 24,000 kilos utilisés, soit 52,000 sur 60,000 achetés. On a donc un coût moyen de [(10,000 x 11) + (20,000 x 10) + (30,000 x 9)] / 60,000 = 9.67 euros le kilo.

Ventes : 52,000 x 24 euros = 124,800 euros

Coût des ventes à comptabiliser en charges : 52,000 x 9.67 = 50,267 euros

Marge brute : 124,800 – 50,267 = 74,533 euros

Stock final : 8,000 * 9.67 = 7,733 euros

–          Méthode spécifique :

Ventes : 52,000 x 24 euros = 124,800 euros

Coût des ventes à comptabiliser en charges : (10,000 x 11) + (18,000 x 10) + (24,000 x 9) = 50,600 euros

Marge brute : 124,800 – 50,600 = 74,200 euros

Stock final : 2,000 x 10 + 6,000 x 9 = 7,400 euros

Nous sommes dans un contexte de diminution du prix des matières premières achetées. On a bien un coût des ventes plus élevé pour la méthode du FIFO par rapport au LIFO et une valeur des stocks plus faibles avec le FIFO par rapport au LIFO.

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