C’est assez amusant, alors que les cours des actions se sont effondrés en août (enfin amusant, pas pour tout le monde, mais s’il y a des perdants, il y a des gagnants), avec l’indice phare parisien en repli de 8.98% en un seulement un mois, surtout lors de la débâcle de fin juillet, l’information est tombée hier : le bénéfice net des 40 sociétés du CAC a augmenté de près de 10% pour un total de 46 milliards d’euros au premier semestre 2011 (le marché était alors très stagnant et les conditions pas top). De plus, les investissements réalisés par les entreprises sont en hausse, donc totalement à contre courant du pessimisme qui est si fort ces jours-ci.

Selon le Figaro, « Le décalage entre les marchés boursiers et la réalité des industries du CAC 40 se confirme. Alors que l’indice phare de la Bourse de Paris a perdu plus de 9% depuis un mois, une enquête du cabinet Ricol Lasteyrie, publiée par les Echos ce jeudi, montre que les entreprises ont affiché des résultats plus que satisfaisants au premier semestre. Les 40 plus importants groupes de la cote parisienne – en excluant Alstom et Pernod Ricard dont les exercices fiscaux sont décalés par rapport au calendrier- ont ainsi dégagé un bénéfice agrégé de 46,2 milliards d’euros, en hausse de 9,5%. Leur chiffre d’affaires bondit de 7,3% à 650 milliards d’euros sur cette période. »

                                   Le rendement du CAC avec différentes périodicités : les marchés actions européens ne font plus rêver…

Alors, quelles sont les valeurs dont les performances réelles sont en nette hausse et quelles sont celles qui sont plus à la masse, que l’on puisse comparer les courbes et ces résultats ?

Première nouvelle et première hausse notable : AXA ! Le premier groupe d’assurance européen a presque multiplié ses résultats par quatre, à 4 milliards d’euros de NPAT. Voyons voir si l’on peut le constater dans les courbes :

Ah, non. Axa reste tout à fait corrélé au CAC 40, utilisé ici comme proxy. Les données fondamentales n’ont donc pas vraiment eu d’impact.

Retentons notre chance avec Total, qui a encore une fois affiché les plus gros profits, à 6.67 milliards d’euros.

Encore une fois, on constate une corrélation parfaite. En même temps, la pondération de Total est très importante dans l’indice, donc cette comparaison n’est peut être pas optimale.

Allons donc voir du côté des mauvais. Dans la famille des grosses pertes cuvée 2011, je demande Carrefour et Veolia. Le premier a réalisé une 249m d’EUR, le second « seulement » 67 millions. La suite ci-dessous (ordre : Carrefour puis Veolia) :

Je crois qu’ici nous avons quelque chose. On remarque assez nettement le décalage croissant entre l’indice CAC 40 et les deux cours. Avec cette observation graphique, on pourrait même dire que Carrefour semble avoir un beta de 2 quand Veolia aurait même un beta de 2.4, ce qui est énorme. On constate d’ailleurs aussi que le décrochage, pour les deux valeurs, plus que proportionnellement aux fluctuations du CAC 40, a lieu fin mai.

Alors que pourrais-t-on en conclure ? Probablement qu’encore une fois, l’aversion au risque des opérateurs de marché fait que les réactions sont beaucoup plus violentes à la baisse et avec des informations négatives, qu’à la hausse à la faveur d’informations positives. C’est un vieil adage des marchés risqués et il est probable qu’il perdurera.

La conclusion : malgré des résultats d’une qualité plutôt bonne en 2011 et des investissements à la hausse (41.3 milliards soit une hausse 26 % par rapport à la même période en 2010 et ce secteur financier mis à part), ce qui confirme un optimisme réel chez les industriels, les marché reste morose voire et ses sanctions restent exagérées, voire injustifiées.

Mais reste cependant la variable « public ». La morosité, si elle gagne les consommateurs de manière trop marquée, pourrait avoir des effets néfastes sur les résultats à venir.

Quoi qu’il en soit, les marchés sont-ils donc devenus irrémédiablement irrationnels ? L’analyse technique est-elle maintenant la plus à même de prévoir les fluctuations face à l’analyse fondamentale ?

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